PRESENTATION DES CHAPITRES de "ASIANGAZETTE "
" Tales and facts of Asia " Contact eMail: joel.legendre@yahoo.com
Spirale & Interface
Chapitre
1 - Le Racket à l'Echelle Planétaire
Chapitre 2 - Le Rideau de Sang
Chapitre 3 - L'Homme Fauve
Chapitre
4 - Les Alliances Maudites
Chapitre 5 - Les Pirates de Saïgon
Chapitre 6 - Le Palais des Miroirs
Chapitre
7 - L'Amiral et le Financier
Chapitre 8 - Le Lys d'Or
SPIRALE :
Au XXI eme
siecle, quel regard peut-on porter sur l'ASIE?
Les coups d'accélérateurs servant le démarrage d'après guerre
de
ces économies, provoqués dès les années 70 par des obligations
financières et des motivations
marchandes ainsi que par des
ambitions émanant des géostratégies, demeuraient tributaires des
décisions
prises par les centres financiers et politiques d'Europe
et des Etats Unis d'Amérique ainsi que par les moteurs
décisionnels
économiques trans-nationaux. Les années 1980 et 1990 ont donc été
riches pour les nations
d'Asie et du Pacifique et ont modifié les
analyses effectuées sur la perception et la compréhension de ce
continent.
En revanche, la crise monétaire et financière asiatique
de 1997 consécutives aux dettes et aux crédits
alloués non
remboursables et à l'échec de ce que l'on a appellé le capitalisme
d'état, a précipité
l'Asie dans une crise sans précédent.
Bilan: des réformes ont été entreprises, les Etats ont corrigé
leurs
excès et incité à la réforme, parfois aussi les frontières
ont explosé, le sang a coulé. Depuis, le contexte
a changé, le
monde s'est élargi. Des perspectives de développement à une échelle
mondiale, jamais
vue auparavant, ont transformé la nature de la
nation, de la gestion et de l'entreprise. L'actualité
internationale
souvent chaotique nécessite donc des éclairages sur
les thèmes allant des problèmes de développement aux questions
de
stratégies en cours dans les nations d'Asie, avec leurs
répercussions internationales,
tout particulièrement pour ce qui
nous intéresse, sur l'espace de l'Union Européenne. Que peut-il se
produire,
aujourd'hui en Extrême-Orient, suite aux conséquences du
redémarrage économique asiatique, qui s'inscrit, certes,
sous un
étroit contrôle des investissements internationaux? Quelles seront
les conséquences en Eurasie,
des tirs de missiles balistiques de
Corée du Nord, des essais nucléaires d'Inde et du Pakistan, quelles
seront
les conséquences de la restructuration des économies
japonaise, sud-coréenne ou thaïlandaise? Que peut-il
advenir des
crises politiques telles celles de l'Indonésie, de la séparation
indépendantiste de
Timor-Est, mais également des incertitudes
Chinoises et de ses désirs d'expansions vers le sud et l'ouest
de
ses frontières? Par conséquent, quels nouveaux enjeux stratégiques
se profilent en Extrême
Orient dans le contexte de la
mondialisation ? Oracles et prédictions ne sont pas inconnues et
font
partie du registre mental dans une asie attachée à ses cultes
et magies, et pourtant nul ne voulait admettre
dans les années 80
que l'endettement léthal des nations asatiques allait plonger la
région quelques
années plus tard, région la plus peuplée au monde,
dans un état d'embrasement généralisé. Et comme "AsianGazette"
l'a
appris dès 1987 à Séoul auprès d'un expert de la direction des
relations économiques extérieures
du ministère français des
Finances: on savait que les crises financières menaçaient l'Asie,
tout
comme aujourd'hui la spéculation et la "bulle" financière
menace les Etats Unis et dans une moindre mesure
l'Europe. Dix
années après l'avertissement de cet économiste dans les somptueux
locaux du Seoul
Club, l'éclatement de la crise a de nouveau été
annoncé à l'editeur "d'Asiangazette" à l'hiver 1995, soit
18 mois
avant l'effondrement du Baht Thaïlandais. Un rapport d'alerte
adressé à divers responsables
a provoqué suspicion, scepticisme,
désintérêt pour Cassandre et le destin funeste réservé à quelques 3
milliards
et demi d'habitants. La moitié de l'humanité! Que dire
des entrepreneurs de la planète pris aux dépourvus
par manque de
données informatives, des drâmes encourues, des vies brisées mais
enrcihis par l'expérience.
Ironie de l'histoire française, ces
avertissements se sont produits au moment où la France changeait de
politique,
quittant François Mitterrand que l'Asie n'intéressait
que de loin pour Jacques Chirac dont on connait l'intérêt
pour
l'Asie, son histoire et ses cultures. "Comprendre et replacer les
faits dans leur contexte afin
d'agir", ou pour citer le philosophe
anglais Francis Bacon: "examiner les faits en se gardant de les
accepter
tels qu'ils se présentent". Ces deux pensées nécessitent
donc le dévelopement d'une information avec les rappels
nécessaires
de "l'Histoire", ainsi que des apports en faits nouveaux, et des
éclairages pour susciter
analyses et stratégies sans craindre
d'enfreindre de quelconques tabous ou censures. Voici la
convergence
que vous propose le network d'informations
"Asiangazette" produite depuis Londres et Tokyo.
INTERFACE :
Les crises
financières de l'espace asiatique se transforment en
restructurations et adaptations nécessaires. Elles s'imposent
en
raison des obligations qu'ont les puissances économiques régionales
et leurs satellites à devoir
assumer leur rôle international en
acceptant de contribuer au monde politique, économique et culturel
international.
Aussi, hommes et femmes, groupes, espaces et idées
qui participent à l'architecture de cet esprit de réforme
et
permettent le progrès et le développement des sociétés seront
particulièrement présents et bienvenus
dans cette lettre et réseau
d'information. "AsianGazette" vous feront ainsi découvrir
l'histoire,
les cultures, les faits sociaux, les drames et les
succès de la vie quotidienne, présents, passés et à proximité
de ce
nouveau millénaire. Nous vous invitons à suivre ces chapitres avec
passion. Que l'aventure commence
dans le cyberspace grâce à votre
navigateur favori et grâce à vos réflexions interactives qui sont
les
bienvenues.
Chapitre
Premier: "Le Racket à l'échelle planétaire"
Et si je vous proposais
une entrée dans le monde glacial des sectes
chinoises plus souvent connues sous le nom de Triades. Les
connaissez-vous?
Non? Alors vous allez comprendre : D'illustres
personnages de l'actualité commerciale, politique, culturelle
actuelle
se réfugient derrière des paravents dorés de
respectabilités. Ils se trouvent aussi bien à Hong
Kong qu'en
Thaïlande ou aux Philippines mais également en Europe et aux Etats
Unis. Certes, toutes
les associations des chinois d'outre mer ne
sont pas des leurres et refuges masquant les activités criminelles
et
meurtières liées à la corruption de la finance internationale,
au trafic d'armes et de stupéfiants, d'êtres
humains et d'organes,
à la prostitution y compris via Internet ou à tout ce qui a fait le
bonheur des
parrains des sectes Sui Fong, Wo Sing Wo, 14 K et
autres Sun Yee On, pour n'en citer que les plus réputées.
Là aussi
les événements se précipitent depuis les crises des espaces
financiers asiatiques
intervenues à la suite de la réunion de
l'ASEAN de 1997 accueillant en particulier la Birmanie, provoquant
la
colère de Washington. Ce qui n'a fait qu'accélérer la main-mise
des sectes secrètes chinoises, les " Triades
" sur le monde
sous-terrain des organisations criminelles internationales, hier,
inconnues du grand
public. Il fallait de l'argent pour compenser
les effroyables dégats de la finance asiatique exsangue, et
vite,
cela est devenu l'obsession des mafieux, le leitmotiv de toutes
combinaisons criminelles plongeant
des millions d'individus dans le
desarroi. Au coeur du dispositif, la Chine du sud, le Laos, la
Thaïlande
et la Birmanie, celle-ci plongée dans une répression
sanglante imposée par le régime dictatorial de
Rangoon à ses
dissidents qui ne sont pas tous de dignes récipiendaires du prix
Nobel telle la courageuse
Aung San Suu Kyi. Dans cette partie du
monde, réprimées plus secrètement mais aussi férocement, on trouve
les
minorités, venues autrefois des contreforts Himalayens, qui
vivent dans la repression et sont achevées à coup
de serpes et de
fusils mitrailleurs dans les derniers bastions Shans ou Karens par
les armées régulières
ou non, souvent mafieuses, aux ordres des
grands trafiquants de drogue opérant dans ce Triangle devenu
Rectangle
d'Or dans la region du grand fleuve Mekong. Ces
trafiquants sont organisés sous un mode criminel d'origine
chinoise
afin de dynamiser la production et les filières de transformations
de l'opium en héroïne, et
des amphétamines.
Depuis le début de 1995, des guerres se sont
ainsi livrées entre
chefs de clans birmans, chinois, thaïlandais auxquels il faut
ajouter les
habituels compradores occidentaux, fournisseurs d'armes
sophistiquées en même temps qu'opérateurs de circuits
financiers
douteux procurant un argent sale qu'il faut blanchir avec l'aide de
vrai-faux banquiers sans
complexes. Après deux années de luttes à
coup de bombes incendiaires et de rafales d'armes automatiques pour
la
prise de contrôle des territoires des hautes vallées d'opium, le
résultat a été observé depuis septembre
1997 dans cette zone
frontalière mouvante, cette frontière passoire birmano-thaïlandaise
partant du
nord de Tachilek jusqu'à la zone frontalière de Mae Sot,
sur les sentiers et routes défoncées, projetant même
bien au delà,
vers la Chine et ses zones d'ombres, telle Ruli, haut lieu prisés
par les trafiquants
de Chine Populaire. "Asian Gazette" a pu
aisément constater de visu grâce aux relais des Shans et des Karens
que
des chefs des armées régulières birmanes sont passés sous
l'influence des organisations criminelles chinoises
et associées.
L'on reparlera ultérieurement des militaires de l'ethnie des "Wa",
largement impliquée
dans le trafic d'héroïne et de mésamphétamines.
La drogue et sa production, elle demeure étonnante à l'heure
des
satellites espions, mais évoque aussi bien des souvenirs. Tous les
services secrets des nations
qui ont colonisé, depuis le 19è
siècle, les pays d'Asie: Amérique, France, Japon, Grande Bretagne,
Allemagne,Russie,
n'ont-ils pas permis à leurs dirigeants
d'accumuler d'immenses bénéfices grâce à la vente de l'opium
et
l'héroïne. Saïgon n'a-t-elle pas aussi été construite par l'argent
de l'Opium? Parmi les pays producteurs
intéressant directement la
France, la liste serait longue et nous entraînerait également au
Liban,
en Turquie Tunisie, et au Maroc. Mais pour ce qui concerne
l'Asie, ces bénéfices provenant de la vente de la
drogue ont permis
de diviser les populations montagnardes du Viet-Nâm ou du Laos, et
de combattre les
communistes par Kuomintang interposé comme saurait
le raconter l'intéressé Richard Armitage, ou encore, à moderniser
un
peu partout des villes demeurées médiévales, et ce, grâce à
l'argent de la drogue. "AsianGazette" suggère
la lecture de
l'excellent livre de référence d' Alfred Mac Coy que la CIA a tant
voulu interdire :
"La politique de l'héroïne en Asie du sud-est".
Aussi ce commerce illicite toujours actuel a donc cela d'original
qu'il
se maintient, à la fin des années 90, sans aucune entrave et
qu'il a été dynamisé dans la production d'amphétamines
par la crise
financière asiatique qui a en effet motivé une forte demande
d'argent frais.
Cela a décuplé dès 1997 la demande en drogue
auprès des producteurs d'opium et de drogues de synthèses made
in
Asia. Résultat plus de 2500 tonnes attendues chaque année. Il
faut dire que cette demande
d'augmentation de la production
d'héroïne et d'amphétamines a suivi un événement à portée
historique!
Un accord a été passé entre acteurs politiques et
mafieux du sud est asiatique: Khun Sa d'origine chinoise,
Lo Hsin
Han et le gouvernement birman. Lo a négocié en 1996 un accord avec
le général birman Khin
Nyunt, le secrétaire général de la junte
militaire de Rangoon du "State Peace and Development Council"
(SPDC)
qui a remplacé en novembre 1997 le SLORC. L'accord portait
sur un cessez le feu définitif, la trêve donc,
entre forces
militaires adverses, communistes, indépendantistes, et les
trafiquants. Trêve
permettant alors d'enrichir les dirigeants de
Rangoon. L'objectif très pratique était de pouvoir accroître
le
trafic d'opium à partir des montagnes d'asie du sud est. Il faut
en effet garantir l'acheminement
de la drogue et protéger les
routes empruntées par les caravanes qui traversent Chine et
Birmanie
avant d'expédier leurs précieux trésors outre-mer, ce qui
demeure complexe vu le partage des cartes entre
divers forces
trafiquantes chinoises, européennes, russes, orientales, latino et
américaines.
Il faut rappeller qu'avec un marché mondial annuel estimé à plus de
500
milliards de dollars, les "deals" ont tout lieu d'être. Deals
brisés ou revus au fur et à mesure des ambitions
des gangsters
locaux des montagnes du Triangle d'Or. Sans une domination de la
mafia chinoise, le
désordre règnerait. Il est donc vital de
sceller en permanence par des cadeaux, de nouveaux accords
de
passage afin que partout la "blanche" reste aux mains des mafias
dont les triades chinoises
qui sont peu regardantes sur les
méthodes à employer. Nous sommes en présence de criminels, et ce
sont
les criminels sortis de l'ethnie guerrière "Wa" qui semblent
régner en maître. Impassibles dans leurs vallées
empruntées depuis
des siècles par les commerçants chinois se rendant vers l'océan
Indien ou la
mer de Chine, l'accès à l'océan, le vieux rêve de
Pékin! Les paisibles cultivateurs des hauts plateaux,
chargés de
produire l'opium, sont le plus souvent présentés comme de hardis
montagnards en costumes
traditionnels dans les musées et les
meilleurs ouvrages à grands tirages. Paysans aux traditions
séculaires
qui font, bien malgré eux, le plaisir d'abord des
commandos anti-communistes, puis des routards et maintenant,
des
beaufs. Paysans qui vivotent dans des Resorts des bords du Mékong,
payés par l'argent de la drogue,
dans des musées où l'on encense
l'histoire du trafic d'Opium devant les touristes. Il est vrai que
l'Opium
rapporte bien plus à ses producteurs que le café. En
permanence on a recours ici à un savant maquillage,
omettant les
massacres des ethnies locales, pour ne laisser la place qu'à une
littérature "envolée"
magnifiant le rôle des vénérables
contrebandiers vêtus de costumes traditionnels. Maquillage de
bâteleurs
opéré par les trafiquants, en pays Shan, Wa, Kokang ou
Thaï qui procèdent à une ré-écriture de l'histoire
à partir de
leurs camps retranchés. Loin de la littérature, c'est, en fait, à
une armée entrainée
et prête à réagir vite que l'on s'affronte. On
se souvient de l'épisode de 1982 de "Ban Hin Taek " et de l'échec
cuisant
des commandos thaïlandais impuissants face aux services de
renseignements de Khun Sa ayant appris bien
à l'avance, les
intentions subites du haut commandement Thaï, ce dernier contraint
par la DEA, à
intervenir contre l'Empereur de la Drogue. Peine
perdue, celui-ci s'est envolé tranquillement à bord
de son
hélicoptère, afin de se réfugier, dans la jungle Birmane à la barbe
des commandos Thaïs.
Dans ces vallées luxuriantes, isolées,
flamboyantes et dans ces officines du crime qui appartiennent à de
riches
chefs de triades associés aux yakuzas nippons, aux mafieux
américains et européens dont ceux de l'ex union
soviétique, se
planifie, se négocie et se met en marche le commerce de la mort,
entre deux chargements
d'héroïne ou d'amphétamines, par voie
fluviale, terrestre ou aérienne notamment au départ de la Chine
Populaire.
Il s'agit d'un véritable management du commerce de
drogue et non du petit trafic auquel se livrent les
amateurs et
dealers piégés par les revendeurs locaux avant d'être arrêtés dans
les aéroports, histoire
de ne pas faire baisser les cours du marché
des drogue telle l'héroïne qui rapporte à tous et entre dans les
mécanismes
économiques des Etats. Dans l'intervalle, dans ces
vallées secrètes et dangereuses, les trafiquants se croient
maîtres
des lieux et des cieux, pensent-ils, malgré les antennes, sensors,
micros-ondes et satellites
de plus en plus curieux. Alors ils
s'accordent entre deux remises de valises quelques plaisirs entre
cousins
de famille, entre criminels et parrains démarcheurs.
Quelques heures de plaisirs entre rackets, viols,
pillages et
tortures, entre menaces et violences, entre jambes sciées à vif et
langue brûlée, le mauvais
sort réservé aux mauvais dealers et aux
traîtres. Quoi de plus réjouissant pour ces âmes peu sensibles.
Et
cela après avoir enlevé, dans les tribus perdues des montagnes
de très jeunes filles esclaves acheminés comme
du bétail dans des
pick-up sous le contrôle des tortionnaires, des petits chefs
mafieux, des
soldats sans solde et parfois sous l'oeil torve de
policiers et militaires en uniforme.
Et
c'est par conséquent devant les yeux non avertis des charters de
touristes toujours plus nombreux venus clapoter
dans les salons de
massage et les piscines des grands hôtels d'Asie du Sud-Est qu'un
commerce mondial
impuni s'organise et prolifère avec pour origine
l'éternel recours à la drogue, l'opium, la cocaïne, les
dérivés
chimiques. Seule différence aujourd'hui: on connait beaucoup mieux
ces criminels. Il a
fallu attendre les multiples récoltes de
l'héroïne vers les capitales européennes pour que les polices se
décident
à mentionner l'affaire publiquement et révèlent leur
manque d'efficacité aux médias, en particulier en Grande
Bretagne,
connue pour le pouvoir de sa presse. En effet, cette drogue
arrivant de Birmanie,
de Thaïlande et de Chine passe massivement
les frontières sous l'oeil impassible des fonctionnaires des
républiques
populaires et monarchies ô combien intentionnées. Il
ne s'agit plus en effet de traverser les sentiers montagneux
à dos
de mule comme veulent le faire croire quelques proches rêveurs de
Bo Gritz (un vrai Rambo?)
embrigadés dans la découverte des
derniers " US Missing in Actions" mais bien au contraire d'envoyer
le
tout par les airs et par des routes bien goudronnées puisque le
plus souvent construites grâce à des financements
officiels versés
par des nations du sud est asiatique. Martin Booth est l'un de ces
rares observateurs
et enquêteurs à avoir eu le courage de révéler
les circuits de vente d'héroïne en Europe de l'ouest et de
l'est
ainsi qu'aux Etats Unis. Son premier livre sur le sujet date de
1990, néanmoins une dizaine
d'années après la sortie du livre de
Alfred Mac Coy. Il rappellait déja que les Triades chinoises
contrôlent
90 % de l'héroïne vendue de par le monde et que la
rétrocession de Hong Kong à la Chine Populaire
contraint les
triades à anticiper les baisses de résultats nés du bon vieux
commerce de drogue
et de sa gestion exemplaire à partir de Central
ou Wanchai et des vallées millénaires du sud de la Chine.
Un
commerce en effet vieux comme le monde et que même les fidèles de
la Grande Marche n'ont pas remis
en question alors qu'ils pouvaient
tordre le coup aux firmes britanniques telles Jardine's. En effet,
on
sait depuis qu'à la suite de la prise du pouvoir à Pékin par les
troupes de Mao, en 1949, le gouvernement
chinois n'a jamais
vraiment brûlé les récoltes et les champs de pavots somnifères du
Yunnan, aux
poppies aussi riches que des paroles d'évangiles, même
si le grand timonier a prétendu le contraire sans
pour autant
convaincre les derniers grands observateurs aux ordres du Vatican
tels Léon Trivière,
exclu de Chine par Mao mais demeuré au poste
d'observation qu'était alors Hong-Kong pour les "China Watchers".
Etait car depuis, la technologie a fait des merveilles. Ajoutons
néanmoins que cette "agriculture"
et exploitation gouvernementale
chinoise de l'Opium, présentée comme telle et destinée à
l'industrie
pharmaceutique chinoise Pop n'était pas liée
nécessairement à la Mafia. C'était alors davantage
dans les
habitudes de Taïwan. Autres temps, autres moeurs, à Taiwan encore
aujourd'hui, certains meurent
pour moins que cela.
Depuis, les triades se sont organisées de
nouvelles places fortes
dans les pays occidentaux, elles recourent aux villes chinoises des
capitales
du monde entier, et aussi aux villes de provinces.
Ainsi, au Royaume-Uni, elles installent de nouveaux
réseaux à
Manchester, Southampton, Nottingham, ou encore en Ecosse. Villes
et régions déja passées
sous leur supervision à la fin des années
80 comme l'a écrit David Black dans son "Triad Takeover". Des
villes
qui subissent les pressions et les attaques des criminels
versés dans la prostitution, le jeu, le racket, mais
aussi dans le
piratage de cassettes vidéos et la contrebande généralisée.
Frappés le plus souvent
sont les immigrés étrangers des pays les
plus pauvres, en situation irrégulière ainsi que les populations
chinoises
intégrées mais craintives et souvent clientes pour cause
de tontines. Le scénario de cette violence perdure dans
les autres
parties du monde qui, en dehors de l'Asie, disposent du cérémonial
du Dragon. C'est le
cas par exemple de Perth en Australie, de
Vancouver au Canada et de San Francisco aux Etats Unis. Auxquelles
il
faudra ajouter les nouveaux remparts érigés par les taipans et
les parrains des triades, par exemple, dans les
iles indonésiennes
mais aussi dans une Europe monétaire-pain bénie des mafieux, qui
dessine de nouvelles
frontières bien perméables pour le plus grand
bonheur des organisations criminelles chinoises, si riches,
si
puissantes. Les exemples ne manquent pas. Au début de l'an 2000
avant la tenue du sommet des
pays membres du G-7 organisé sauf
imprévu pour cause de typhon sur l'île de Okinawa au Japon, en
Juillet
2000, les préparatifs s'intensifient sur les questions à
traiter notamment au regard de la piraterie via
les réseaux
électroniques et le "net". Au-delà de la protection des chefs
d'Etats et de Gouvernements
et des médias présents dans une région
encore troublée par les derniers sursauts de la guerre froide, les
pays
membres du G7 viennent de faire de surprenantes découvertes
sur les récents traffics et actes de grand banditisme
entrepris par
les triades chinoises et par leurs réseaux organisés à l'échelle
mondiale. Ainsi,
malgré l'extrême sécurité déployée par les
organismes bancaires, on en sait davantage aujourd'hui sur
les
techniques empruntées par les Triades qui s'en prennent le plus
souvent aux communs des mortels,
c'est à dire, vous, et vos cartes
de crédit que vous croyez protégées car il suffit de 40 minute à
une
équipe mafieuse pour reproduire une carte de crédit entre
l'achat et la fabrication de nouvelles cartes
avec codes d'accès
secrets prélevés sur les reçus MAIS également sur les caisses
enregistreuses.
Ces données prélevées électroniquement par des
systèmes espions déposés sur les caisses sont envoyés par email,
ou
téléchargés sur des sites internet ou faxés dans les ateliers
clandestins de préparation des
cartes. Des ateliers répartis dans
le monde entier, on retrouve ainsi la technique de l'essaimage des
chimistes
de l'héroïne et des amphétamines multipliant leurs
fabriques et usines à profits illicites de par le Globe.
Aussitôt
fait, des bandes d'acheteurs se précipitent de par le monde pour
faire leurs emplettes de
produits courants, d'articles de luxes, de
bijoux, ou d'articles électroniques qui seront immédiatement
revendues
à des filières d'achats mafieuses. Les "acheteurs munis
de ces "vraies-fausses" cartes de crédit" recevant
une commission
allant de 20 à 40% sur les ventes. Exemple à Hong-Kong avec la
triade "14 K" et
les groupes associés à la mafia impliquée début
janvier 2000 dans les derniers scandales à Hainan et
dans la
province du Fujian touchant les plus hauts responsables de Pékin,
placés dans la ligne de
mire du Premier Ministre Réformateur "Zhu
Rongji". Les mafieux peuvent ensuite transférer des masses d'argent
sale
dans des comptes épurés, sans beaucoup d'inquiétude.
Motif? Les dizaines
de milliers de
banquiers-mafieux-soldats chargés des transferts n'ont
pas oublié qu'un refus signifierait
à l'extrême, le
suplice de "la mort lente", la torture aux mille
morsures, aux rasoirs, qui découpent
les cadavres à vifs
jusqu'à ce qu'une mort atroce s'en suive. On est loin de
l'image classique du soldat
mafieux menant une vie
paisible sous les cocotiers ou derrière les vitres des
tours de New York, Cayman,
Tokyo, Moscou ou Chicago.
Aujourd'hui, sur ces places fortes financières, on
forme, pour l'intérêt des
familles et des "death
corporations", les futurs mathématiciens et financiers
du crime organisé. Au Japon,
ils portent le nom de
"Keizai Yakuzas" qui infiltrent même les proches des
chefs d'Etats les plus puissants
au monde, cela a été le
cas des Etats Unis et des proches du parti républicain,
révélé par le remarquable
livre "Tokyo Underworld" paru
en 1999 écrit par Robert Whiting. Celui-ci a enquêté sur
les réseaux financiers
de la pègre nippone (keizai
yakuza) avec la bande de l'Inagawa Kai. Page 242 et
suivantes, Whiting raconte
l'histoire insensée survenue
à Prescott Bush, le frère aîné de l'ex-président
américain Georges Bush.
Sa firme de consultation
immobilière de Manhattan a été contactée en février 1988
par la société immobilière
"West Tsusho", une entreprise
japonaise écran appartenant à l'une des familles
historiques de la mafia
japonaise: l'Inagawa Kai.
Prescott Bush est devenu leur consultant en juillet 1989
et a permis à West
Tsusho d'acquérir une firme "d'Assets
Management" appelée AIMFS à New York. Il a reçu 250.000
dollars
de commission pour cela avant d'accéder au poste
de "senior adviser" chez "West Tsusho". Plus tard
Prescott
Bush est venu au Japon, traité royalement au
restaurant chinois de l'hôtel "Okura" par la famille
mère
: la société "Hokusho Sangyo" dont le président,
Munenobu Shoji, a demandé sans timidité et droit dans
ses
bottes à Prescott Bush d'initier une rencontre
auprès de son frère, le Président George Bush. Ce que
Prescott
a finalement refusé levant les bras au ciel.
Les mafieux nippons ont alors menacé de retirer tous
leurs
fonds et investissements jusqu'à ce que la
rencontre ait lieu à la Maison Blanche. Prescott Bush a
su,
mais plus tard, grâce à la police japonaise quels
étaient les liens sulfureux de ces sociétés immobilières
nippones
avec les sociétés mafieuses des yakuzas. Ces
derniers ne reculant derrière rien et déployant un
mépris
total pour le sens du mot "justice" l'ont
néanmoins attaqué pour un "breach of contract" égal à 2
millions
et demi de dollars! Asie prévoyante! Un tel
crime organisé, renforcé par le travail "new wave" des
"hackers",
pénalise donc bien souvent l'effort des
polices du monde entier. Ces hackers sont bien organisés
en Asie
mais s'expriment également pour une cause
politique. Le Japon en a eu la preuve après les attaques
dirigées
contre ses sites ministériels, motif : des
nostalgiques, loin d'être des cas isolés au Japon, de
l'extrême
droite d'Osaka, ville candidate aux JO d'Eté
de 2008, ont refusé d'accepter l'évidence des massacres
commis
au nom de Hiro-Hito par les troupes impériales
durant l'invasion de la Chine dans les années 30 et
durant
la guerre du Pacifique. Déchainant la colère de
la Chine et de la Corée,dont les hackers ont envahi les
ministères
et laissé des messages, voire fait preuve
d'un humour de mauvais goût en insultant, pillant ou
diffusant
par ironie des url de sites pornographiques
sur ces pages gouvernementales. Pas très sérieux pour un
gouvernement!
En définitive, les dirigeants de la mafia
financière des triades et des yakuzas ne jouent-ils pas
les
rôle d'un feuilleton asiatique récurrent, cela ne
ressemble-t-il pas à l'histoire de ces hommes nés avant
la
seconde guerre mondiale, ceux qui ont bénéficié de
l'avancée sanglante japonaise dans cette Asie en guerre?
Depuis,
ils sont devenus d'honorables banquiers, Taipans
ou industriels, gens de médias ou dynasties de
politiciens
réputés comme cet ancien premier ministre
Thaïlandais bien connu dont nous reparlerons ou encore
de cet
ancien bureaucrate Japonais, devenu criminel de
guerre parvenu néanmoins au rang de premier ministre
dans
le Japon d'après guerre, Kishi Nobusuke? Kishi
était en effet lié par son oncle à la famille dirigeant
la
firme "Nissan"! "Nissan" dont le "zaibatsu", bien
avant d'unir ses destinées avec le français "Renault" a
eu
la responsabilité de gérer l'économie de la
Mandchourie avec l'aide de la pègre liée à l'extrême
droite
nippone!
Chapitre Deux: "Le Rideau de Sang"
Le
personnage principal de cette aventure est mort subitement, peu
après le premier récit d'AsianGazette, foudroyé
en quelques
semaines par la maladie. Il s'agit de l'ancien premier ministre de
Thaïlande : Chatichai
Choonhavan. Il s'est éteint des suites d'un
cancer du foie mal soigné et mal traité. Malgré les efforts
des
chirurgiens de l'hôpital Cromwell de Londres, le général Chatichai
meurt le 6 Mai 1998. Il
demeure l'un des personnages les plus
énigmatiques de cette deuxième partie du XXème siècle. Il reste
dans
les mémoires comme l'un des commanditaires de la répression
meurtrière de Bangkok, en 1976, où là encore, des
chefs de guerre
ont fait tirer sur des enfants, sur des milliers d'étudiants de
Bangkok qui ont
été affreusement torturés puis assassinés par des
extrémistes dirigés par l'armée Thaï appuyés par les
service
secrets américains. Ces mouvements sont organisés par les
étudiants gauchistes. Ils
s'opposer à la corruption des officiers
Thaïs et à la présence des forces américaines, et, ils exigent,
avant
toute autre chose, la Démocratie. Ceux et celles qui ne sont
pas tombés sous les balles et les coups se sont
enfuis dans les
montagnes du nord de la Thaïlande, retrouvant les anciens
maquisards proches
des communistes chinois. Tout au long de sa vie
ténébreuse, Chatichai s'affirme comme un homme politique habile
qui
est passé maître dans l'art des retournements de situations, connu
également pour son aptitude
à maneuvrer sur le terrain de la
corruption et du meurtre politique. C'est lui, encore, qui au
début
des années 90 ne parvient pas à enrayer la crise politique et
économique née des premiers scandales financiers
de Bangkok
consécutifs aux investissements massifs des japonais et des chinois
d'outre-mer européens,
américains. Crise que n'arrangent en rien
les rivalités entre militaires. Là encore, les meurtres politiques
sont
à mettre à la solde des généraux que Chatichai aura été
incapable de diriger lorsqu'il présidait le
gouvernement de
Bangkok. Et le rideau de sang s'abat, à nouveau, cette fois, sur
des jeunes de
moins de 20 ans, massés aux abords du Palais
Royal...à deux pas du sanctuaire Bouddhiste le plus vénéré
de la
nation du Wat Phra Kéo. Les jeunes manifestants sont abattus,
pourchassés, massacrés dans
les immeubles des alentours dont le
tristement célèbre Hotel Royal, et cela, à bout portant, par les
soldats
Thaï devant les journalistes de la presse mondiale.
Trois années
à peine après les scènes d'insurrection qui ont
conduit au massacre de Tian An Men à Pékin. Les
généraux
responsables sont punis et humiliés par le Roi Bhumipol. On les
voit ramper devant la
personne même du Souverain exigeant leurs
excuses devant le peuple. Quant à Chatichai, qui n'a pu éviter la
crise,
il perd tout son prestige. C'est la disgrace mais il sait
conserver son pouvoir de politicien et sera membre
d'une vague
opposition, avant de venir mourir, au printemps, sur les bords
marécageux de la Tamise...
Le premier ministre Chatichai est le
fils d'un militaire: Le général "Phin" Choonhavan qui durant près
de
50 ans est le dirigeant inconstesté de la Thaïlande, ayant
autant servi les officiers supérieurs japonais
tels le redoutable
Colonel Tsuji Masanobu durant la seconde guerre mondiale que les
militaires et
politiciens américains lors de la guerre froide.
Mais surtout Phin Choohavan est l'homme qui a orchestré
l'un des
plus grands trafics de drogue de l'histoire, organisant toute la
procédure, allant de la
production, au transport et à la vente en
passant par la transformation de l'opium en morphine et héroïne.
Avec tout l'art consommé qu'il hérite de ses ancêtres chinois
d'outre-mer, rompus au double
language, il impose sa loi tout au
long de son règne, jonché de meurtres et de répressions. Avec
violence
et rejet de toute morale, il combat, comme les autres
dirigeants des juntes d'Asie, tout vent de
démocratisation
assimilée alors au communisme. Phin Choonhavan serait vénéré dans
les livres d'histoire
de la Thaïlande pour son "étrange courage et
sa surprenante intégrité", si, depuis, les services secrets,
les
médias et les historiens n'avaient rétabli la vérité et fait tomber
l'homme dans la disgrace.
Il est donc exact d'affirmer que
l'histoire et ses prolongements actuels ont constitué, pour le
général
Phin Choonhavan, un gigantesque terrain d'aventure aux
parfums sulfureux...Une histoire insoupçonnée,
méconnue ou,
surtout, camouflée, tant les conséquences des révélations ont le
pouvoir d'effrayer
ceux et celles qui gouvernent aujourd'hui aux
postes les plus éminents, et qui sont parfois incapables de définir
l'exacte
origine et les sources de leurs propres fortunes et de
leurs financements pour leurs entreprises ou
leurs projets
politiques, économiques, industriels et artistiques ...
Chapitre
Trois: "L'Homme Fauve"
Sur un ordinateur puissant disposé dans une
vaste salle claire au
mobilier très "New Labour" de la nouvelle British Library de King's
Cross à
Londres, les données sortent et composent un flamboyant
bouquet d'informations à propos de "l'Homme Fauve",
le responsable
de la mort de dizaines de milliers de civils, hommes, femmes,
enfants: le colonel
Tsuji Masanobu. Sa vie a fait de lui l'un des
hommes les plus dangereux au monde. Oui et
pourtant,
ce nom de Tsuji Masanobu ne vous dit rien. Néanmoins la
mémoire vive des ordinateurs évoque à nouveau les exploits
les plus
insensés et les actes les plus meurtriers provoqués par l'armée des
militaristes durant la période
de la colonisation de l'Asie par le
Japon Impérial de Hiro-Hito. A lui seul, le colonel Tsuji Masanobu
compte
à son actif l'assassinat de dizaine de milliers de victimes
en Chine, en Malaisie et à Singapour qui, près de
soixante années
plus tard, continuent de donner de terrifiants cauchemards à ses
victimes, chinoises,
malaisiennes, indiennes, britanniques.
Lorsque le colonel Tsuji n'est pas en train de massacrer une ethnie
d'Asie
ou une Nation, il lie des accords secrets avec les gangsters
et les organisations secrètes des triades chinoises
mais aussi avec
des hommes d'affaires de toutes cultures, de tous horizons, de
toutes puissances.
Ces hommes d'affaires sortiront riches de la
seconde guerre mondiale avant de s'installer en Extrême Orient
et
aux Etats Unis à la tête d'empires industriels et commerciaux,
bénis par une étrange association
composée des militaires japonais,
d'aventuriers, et des services secrets des nations impliquées dans
la
course au pouvoir en Asie. Tsuji maîtrise à la perfection cette
alchimie ténébreuse qui consiste à entraîner
les hommes dans de
noirs desseins à une époque où, dès les années 1900, les tyrans
affectionnent
les stratégies de guerre coloniale, sous couvert
d'industrialisation et de modernisation, à l'image de ce
que fait
l'Allemagne. Pour sa part, le Japon, déja, se hisse sans
difficulté au rang des
nations européennes par ses conquêtes qui
irritent Londres, Berlin, Paris, Moscou. Que l'on juge par les
faits
: Avec l'entrée du Japon dans le XXème siècle, les conquêtes
militaires s'accumulent. En 1895, il prend Taiwan
à la Chine, en
1905 une partie de la Sibérie passe sous son contrôle avec
Sakhalin, puis,
une zone de la Mandchourie. En 1910, le Japon
annexe la Corée tandis que les USA colonisent les Philippines
dans
le sang. Après la première guerre mondiale, Tokyo alors proche des
vues de Paris et de Londres,
prend alors sous sa coupe les avoirs
allemands, dans les régions chinoises du Shantung, et de Tsingtao.
Une
véritable puissance impérialiste voit le jour en Asie du Nord-
Est. Mais bientôt, les militaristes japonais
persuadent un
Empereur demi-consentant ainsi que les Princes de la Cour
Imperiale, selon
David Bergamini, a entrer en guerre contre les
Occidentaux, et poussent, sans trop les contraindre, disons,
les
grandes entreprises commerçantes, les "Zaibatsu", pour se lancer à
l'attaque des marchés de l'Asie,
et particulièrement de la Chine.
La Chine qui est, et, demeurera tout au long du XXme siècle la
grande
priorité du Japon qui n'a de cesse de la diviser, de la
réduire, de la meurtrir. Confiscations, massacres,
terreurs
inspirées par la police secrète, "la Kempeitaï". A l'extérieur de
l'Asie, peu s'en émeuvent,
surtout pas les Etats Unis d'Amérique,
qui, avec le Japon, se livrent à une coopération commerciale
fructueuse
au sortir de la grande guerre de 14-18 et, au regard de
la balance des échanges commerciaux, beaucoup à l'époque
sont ceux
qui font un pari sur le dynamisme du partenariat économique
nippo-américain. Mais
l'envie de se battre sera la plus forte pour
Tokyo et Washington qui se partagent sans honte, et avec les autres
puissances
coloniales de second rang, les restes d'une Chine sans
Empereur, sans garde Manchoue, sans loi, mais affamée
par ces
nouveaux seigneurs de la Guerre, payés ici par l'Amérique, là par
le Japon. Le Japon
voit comme des opposants à ses ambitions
hégémoniques asiatiques toutes les nations, européennes et les
Etats
Unis, qui tentent de mettre un pied en Chine, forts de leurs
missionnaires, de leurs émissaires divers
et pas toujours
désintéressés, auprès des autorités d'une Chine déchirée, en
miettes. Une
étonnante alliance de la destruction se met en place
et guette, accentuant le malheur de la Chine, qui renouvellant
néanmoins
plus tard, accueillera sans outrage les exaltations
maoïstes.
Ainsi
se noue progressivement une garantie d'alliances
impérialistes appuyées par des armées qui servent
des nations
assoiffées de richesses prêtes à mettre en pièce la grande Chine
Impériale millénaire,
défaite par ses luttes de clans et la
corruption...Images ô combien actuelles... Au début des années 20,
face
à ces compétiteurs et impétrants venus d'Occident,et livré à
cette invasion coloniale, le risque pour Tokyo
est alors grand de
se voir couper ses routes d'approvisionnements en matières
premières venant
du nord de la Chine. Une frustration qui commence
à devenir insupportable pour les jeunes militaires, éduqués
selon
les thèses de la guerre éclair allemande. D'autant que, dans
l'intervalle, les gouvernements
civils de Tokyo favorisent les
entrepreneurs des "Zaibatsu" fascinés par les traités de stratégie
de
Sun Tzu, prompt en ruptures d'alliances et en traîtrises en tous
genres. L'armée japonaise créera progressivement
des corps
militaires dévoués à la cause de la purification née du culte du
shintoïsme, et qui seront
prêts à prendre le pouvoir aux civils
après plusieurs campagnes d'assassinats et d'intimidations, alors
que
la dépression financière des années 30 enflamme les colères de
l'archipel. A leur obsession pour le contrôle
des richesses
vitales de l'Asie du Nord-Est et ses minerais s'ajoute une sourde
haine des Occidentaux
qui sont coupables, estiment-ils, d'avoir
provoqer ces crises économiques. Crises qui souillent et
affaiblissent
l'autorité d'un Japon Impérial nourri de propagande
quant à ses origines célestes, vouées au culte de la
déeese du
soleil Amaterasu dont chaque japonais se croit l'enfant... Et le
symbole de cette haine
naissante, est personnifiée par une armée
d'invasion, un état dans l'état, dirait-on fin du XX s. Une plaie
ouverte
dans la vie du Japon, incarnée par "l'armée du Kwantung",
en fait originaire de la zone de Tokyo, dans le
Kanto. Elle va
gérer le nord-est de la Chine, la Mandchourie, dès 1919. Disposant
d'un commandement
totalement autonome de Tokyo et placée à l'abri
des contrôles politiques de la Diète Japonaise, l'armée du Kwantung
se
livre à des massacres en toute impunité et sous le motif de
contrôle "sécuritaire" pour reprendre une expression
de la fin du
XXème siècle. Mais aussi, elle va se livrer sans honte au trafic
de l'opium et de l'héroïne,
et à l'extorsion d'argent, de terres et
de propriétés. Car le mensonge et la falsification sont encore
dans
les moeurs de l'époque. N'est ce pas en 1931 que l'armée du
Kwantung provoque le célèbre "Incident de
Mandchourie" en
dynamitant la voie ferrée des chemins de fer du sud (de la
Mandchourie) et
en attribue l'attentat à des soldats chinois ? Les
conséquences sont connues avec l'occupation de Moukden par
le Japon
et le début de la grande invasion de la Chine. Il faut bien
appréhender la portée
de cet événement avec cet "Incident de
Mandchourie" car il est l'oeuvre d'une petite poignée de jeunes
officiers
japonais déterminés à oeuvrer pour l'Empire du Soleil
Levant comme par exemple notre futur "colonel Tsuji Masanobu".
Ce
sont les hommes à ses ordres qui ont déposé les charges explosives
sur la voie ferrée Mandchoue.
Tsuji et son fidèle ami, Ishiwara
Kanji, lui aussi diplômé de l'académie militaire, sont totalement
dévoués
aux thèses de Clausewitz d'une guerre d'ensemble. Une
guerre totale dont ils adaptent, voire japonisent
les concepts
grâce à leur "essence collective" purement nippone. Destruction,
purification, suppression
totale de l'ennemi sont les thèses
défendues alors par ces jeunes officiers. Sans oublier le suicide
rituel
aux effets mythiques. Ces officiers ont la certitude que
seul le Japon peut et doit sauver le monde entier
des erreurs
idéologiques et des mauvais effets de la démocratie parlementaire
qui a vent en Europe
et aux Etats Unis. Ils n'ont d'autres recours
que la guerre totale une guerre
totale contre la Russie,
la Grande Bretagne et l'Amérique. Ils ne
restent donc plus à ces jeunes militaristes japonais qu'à
"incendier"
la société planétaire et la forger à de nouveaux idéaux
comme le forgeron crée l'acier de l'épée du samouraï, le
"Katana".
Tsuji Masanobu ne s'arrête pas pour sa part à ces simples
considérations philosophiques.
Après l'annexion de la Mandchourie,
le territoire sert alors de base au trafic d'héroïne, avec l'accord
des
gangs chinois des frères "Ku". Au passage, signalons que l'un
de ces frères "Ku" domine le trafic de Shangaï
tandis que l'autre
est associé à l'équipe du Général chinois nationaliste Chiang Kai
shek et qu'il
réussira l'exploit pervers consistant à négocier un
accord entre l'armée japonaise, l'armée américaine,
et le
Kuomintang ! Accord qui sera respecté durant toute la guerre du
Pacifique visant à produire
et vendre de l'opium et de l'héroïne
mais aussi des équipements automobiles et des équipements
militaires
données par les Etats Unis à l'armée de Chiang Kai
Shek...!
En
somme, un avant-goût de la corruption mafieuse japonaise,
chinoise,coreenne et américaine en Asie comme
ce sera le cas à la
libération en Europe, surtout en Italie avec la cosa nostra et la
camora... Exemplaire,
les profits de ce commerce sale récoltés par
l'armée japonaise d'invasion en Mandchourie se chiffrent
en
centaines de millions de dollars par an rien que pour la
distribution de l'opium et l'héroïne.
Le nord de l'Asie est donc
bien le point de focalisation des japonais qui s'enrichissent en or
et argent,
et en matières premières grâce aux efforts sulfureux de
ses militaires associés aux mafieux japonais et chinois
des triades
et sociétés secrètes. Certains des membres de ces sociétés
secrètes chinoises
ont d'ailleurs paisiblement vécu jusqu'à ces
dernières années parmi nous, et parfois apparaissent encore devant
les
caméras... notamment la famille de Chiang Kai Shek et de sa
femme May Ling, toujours intéressée malgré son
grand âge à vouloir
dominer l'histoire de Taiwan en l'an 2000, May Ling qui est UNE des
filles de
Charlie Soong.
Charlie Soong, fils de pirate de Hainan, et bel
adolescent sera éduqué par
les Méthodistes américains militaires des USA, certains associés au
KKK.
Il se donnera toute sa vie une apparence bonhomme en quête de
démocratie mais cherchant surtout à réaliser de
bonnes affaires en
Asie. Famille également associée par des liens proches au
nationaliste
le "Dr. Sun Yat Sen". Charlie, furieux de le faire,
avait ete contraint, mis devant le fait accompli,
de devoir
officialiser la liaison sentimentale du Dr. Sun et de sa fille
Chin Ling. Il devra
ainsi financer, ad eternam vitam, le célèbre
politicien nationaliste. Enfin et surtout, la famille Soong sera
également
proche du Président américain Roosevelt, et aussi de
l'éditeur, le magnat américain des magazines, Henri Luce
de "Time",
"Life" et "Fortune".Luce est né en milieu chinois, il sera en
permanence le fruit de
leur manipulation. Et le "must", c'est que
tout ce petit monde sentant la poudre sera associé à l'organisation
criminelle
de Shangaï "la Bande Verte",connue pour son effroyable
violence. Surprenante Asie... Mais poursuivons notre
récit...Même
en pleine expansion de ses affaires, Tsuji Masanobu ne s'intéresse
pas vraiment encore
à l'Asie du Sud-Est. La meute sanguinaire
attend son heure. Et l'on est encore loin de l'invasion de
la
péninsule de Malaisie. En revanche, accroitre les bénéfices nés de
l'annexion de la Mandchourie,
dirigée en apparence par le pantin et
Dernier Empereur Mandchoue "Pu-Yi", sur l'ensemble du territoire
chinois,
voila une entreprise séduisante et ruisselante d'intérêts
pour l'état-major japonais. Dès 1933, puis
en 1937 après
l'incident du pont Marco Polo, dans la banlieue de Pékin, l'armée
du Kwantung occupe
la capitale impériale chinoise, mais aussi,
Nankin, Shangaï, Hankéou, et Canton. Toute la côte chinoise
est
aux mains des japonais, qui refoulent les nationalistes de Chiang
Kai Shek vers Chunking où quelques
autorités françaises jugent bon
de collaborer tandis que le gouvernement militaire de Hiro-Hito
installe
un nouveau régime fantoche à Nankin sous Wang Chung Wei.
Wang dont une des particularité ahurissante est que
son garde du
corps n'est autre qu'un certain "Kodama Yoshio". Kodama Yoshio est
le chef de la secte
japonaise extrémiste du Dragon Noir, et son nom
reviendra beaucoup plus tard, cette fois dans le monde des Yakuzas
associé
à la CIA et à une certaine autre affaire, l'affaire
Lockeed... A la fin de 1937, le Japon Impérial compte
sept cent
mille soldats occupant la terre de Chine face aux centaines de
millions de multiples "coeurs
de chine". Cette invasion coûte cinq
millions de dollars par jour, elle s'avère donc être fort coûteuse
pour
Tokyo qui, une année plus tard, oblige sa population à se
rationner afin de pouvoir faire face à l'effort
de "guerre". Les
opposants japonais seront durement punis. Tokyo devient alors
surtout de plus
en plus liée aux importations de matières
premières, pétrole, huiles, caoutchouc, et autres matières
stratégiques.
Et c'est alors qu'une invasion du sud-est de l'Asie,
thèse déja avancée par la Marine Impériale, en particulier
en
Malaisie, constitue la préoccupation de l'état-major de l'armée
japonaise. On connait la
passion du Prince Kuni, pere de
l'Imperatrice, champion de la modernisation de la Marine et des
forces
aeriennes qui a transmis sa passion et sa vision militariste
au grand Amiral Yamamoto, jeune et athlete tacticien
hors-pair qui
a fait le succes de la Marine Imperiale Japonaise. C'est la que va
de nouveau entrer
en piste "l'Homme Fauve", le colonel Tsuji
Masanobu qui devient le maitre-d'oeuvre de l'attaque de l'Asie
du
sud est, riche en minerais, hommes et cultures! Sa thèse,
habituellement défendue comme
l'on a pu le voir auparavant, est
l'attaque éclair. Le "Blitzkrieg" cher aux Prussiens. Une attaque
éclair
aussitôt suivie d'un plan de paix imposé sans concession
accordant au Japon toutes les importations et
livraisons des
articles, produits de base, denrées et matières premières
nécessaires à ses
impériales nécessités. Là encore, les relations
mafieuses du colonel Tsuji entrent en ligne de compte.
Pour surveiller mais également tirer profit des efforts produits
par
les quarante mille japonais expatriés en Asie du Sud-Est depuis
le début de l'ère de modernisation Meiji de 1868,
le colonel Tsuji
Masanobu confie, aux nationalistes du Dragon Noir, un droit de
contrôle sur
les opérations de livraison. C'est ainsi que l'on
retrouve le nom de "Iheiji Muraoka". Muraoka livre aux
expatriés
japonais qui refusent totalement de s'assimiler aux populations
indigènes, des jeunes
filles japonaises, chinoises ou coréennes
connues sous l'abominable appellation de "Femmes de réconfort".
Employées pour certaines d'entre elles par les services secrets de
l'armée japonaise durant la
colonisation et la guerre au titre
d'espionnes, elles constituent un extraordinaire vivier de
renseignements
et d'informations couvrant de la Chine à
l'Indonésie. Toutes ne sont pas pas que victimes battues,
car
certaines feront des carrières étonnantes dans leurs nations
respectives, une fois la guerre
terminée...Le Chef des services
secrets chinois Kang Sheng, notamment, a été très habile dans le
retournement
de ces prostituées à la cause communiste alors que peu
d'entre elles, il est vrai, étaient libres de leurs mouvements...
Mais le mouvement de résistance le plus ardu pour les envahisseurs
japonais vient de l'opposition invisible
mais bien tenace émise par
les chinois d'outre-mer et leurs sociétés secrètes, les triades qui
contrôlent
tout le commerce asiatique. Il faut donc s'allier avec
les chinois, décide le colonel Tsuji, qui sait aussi bien
manier la
diplomatie que la force. Or, les massacres sur leurs familles
commis au titre de l'invasion
en Chine ont dissuadé les chinois
d'outre-mer d'épauler le moindre des gallonés japonais. C'est
ainsi
que commence une série de pressions d'abord aimables, puis
contraignantes imposées par les militaires japonais.
L'exemple du
riche marchand chinois "Tan Ka Ti" et ses comptoirs sur toute
l'Asie allant de
Fuzhou à l'Indonésie est typique des réactions
d'hostilités compréhensibles de la communauté chinoise d'outre-mer.
En effet, "Tan" aide ses familles en même temps qu'il aide les
nationalistes de Chiang Kai Shek dans leur effort
de guerre contre
le Japon. Ainsi, on peut chiffrer la somme de sept millions de
dollars d'aide
apportée en 1941 par les Huaqiaos au Kuomintang.
Mais ces derniers comme "Tan" sont loin, avec Chiang Kai
Shek, de
se reconnaître dans l'esprit du fondateur de la Chine moderne, Sun
Yat Sen. "Sun" tant
vénéré mais qui devra sa réussite au fait
d'avoir été épaulé financièrement par la famille "Soong", avec T.V.
Soong, frère de Madame May Ling Soon devenue Madame Chiang Kai
Shek, et du père, Charlie Soong le magnat
membre d'une des plus
violentes sociétés secrètes chinoises et qui fut aussi le fils d'un
pirate de
Hainan... Face aux désordres, face aux exactions et à la
corruption du Kuomintang, ces chinois ont souvent préféré
virer de
bord et soutenir financièrement l'organisation ordonnée des
communistes de Mao Zedong
et non les vilenies mafieuses des armées
de Chiang Kai Shek. Un manque à gagner qui enrage Chiang lui-même
et
entraîne une répression sévère contre les intérêts des patriotes
chinois sans omettre la dénonciation qui
est faite par le
"généralissimo" lui-même contre Tan Ka Ti, qui est un peu trop
rapidement
assimilé à un "communiste". Avec l'effort de guerre à
soutenir, le colonel Tsuji Masanobu, entre quelques
meurtres et
répressions, voit néanmoins en Tan Ka Ti, l'un des symboles de ce
pouvoir incomparable
que confère l'argent aux chinois d'outre-mer.
La stratégie de Tsuji n'aura donc de cesse de s'approprier leurs
biens
alors répartis dans un triangle reliant Singapour et Manille
à Rangoon, où l'on reparlera plus tard du pays
des Shans. Etabli
sur ces marches témoins des drames de l'histoire va progressivement
se constituer
un épouvantable marchandage assorti de massacres avec
en toile de fond un peu floue l'apparition de
personnages
historiques dont celle d'un président des Etats-Unis d'Amérique.
Un Président lié,
le voulait-il ou non, aux activités mafieuses
chinoises, sujet aux agissements de l'armée japonaise et
aux
détournements d'intérêts stratégiques des forces alliées mais
également uni à la corruption
de ses armées travaillant avec les
nationalistes de Chiang Kai Shek. Un tableau affligeant daté, sans
omettre
le rôle éminent joué par le commerce de l'opium et
l'héroïne qui serviront, nous le verrons, de source
de financement
occulte à des opérations politiques et militaires visant à la
reconquête des "colonies"
asiatiques par l'Occident...
Chapitre Quatre: "Les Alliances maudites"
Tandis que vaillante, la Prix Nobel de la Paix "Aung San Suu Kyi"
poursuit
son oeuvre de démocrate et d'opposante au gouvernement
militaire, narco-trafiquant, de Birmanie, les économistes
du monde
entier se penchent au chevet du malade. Rangoon ou Yangon,
capitale d'un état criminel
plongé au coeur des trafics les plus
dangereux qui soient avec: L'Opium recueilli sur près de 300.000
hectares
de plants de pavot décrits par les Nations-Unies, et dont
les propriétaires majoritaires, de grands trafiquants
sur le marché
international, sont depuis 1997 les "Wa"; l'héroïne et les
amphétamines acheminées
par les trafiquants souvent d'origine
chinoise des quatre frontières de Chine, Laos, Birmanie et
Thaïlande;
la déforestation massive au profit de l'exportation
organisée par les militaires Birmans qui ont passé des
"deals" avec
les dirigeants des Etats voisins tels les Généraux Thaïlandais; la
contrebande de pierres
précieuses; la vente de jeunes filles aux
réseaux internationaux de prostitutions (ne voit-on pas apparaître,
en
1998, à Londres, dans les plus beaux quartiers de la capitale,
des cabines téléphoniques ensevelies sous des
photos aguicheuses
assorties de numéros de téléphones où l'on promet de rares extases
offertes par de
jeunes et très dévouées Birmanes ?) ces réseaux de
prostitution qui n'ont jamais été aussi florissants que
depuis
l'éclatement de la crise économique asiatique de Juillet 1997. Une
situation dont se moquent
pas mal, en Birmanie, les géants
économiques pétroliers et gaziers américains, japonais et français
ayant
reçu toutes les garanties et assurances des plus grandes
banques sans oublier le soutien de la Chine bien
décidée à créer
ses propres ports militaires sur l'Océan Indien. Une situation
cynique mais qui
tend à émouvoir, par gêne politique, quelques
responsables gouvernementaux, assaillis par des rapports accablants
au
point de sensibiliser la junte.
Ainsi va la Birmanie. Dans l'attente
du grand nettoyage à venir
que vont entreprendre la Chine, le Japon et les Etats-Unis, ceux-ci
alertés
par une DEA de plus en plus bruyante, aussi bien pour des
raisons économiques (transports) et énergétiques
que " d'image ",
la Birmanie vend ses enfants victimes des ambitions néfastes de ses
généraux, aux
entreprises étrangères pour construire des routes,
des usines, des camps de prisonniers. Combien de temps encore
ces
"alliances maudites" devront-t-elles durer, nées d'une
décolonisation Britannique
ratée dès la première journée.
Décolonisation manquée mais qui était vouée à l'échec en raison des
risques
évidents de conflits intérieurs entre ethnies, dirigées par
les "héritiers déchus", et les aristocrates birmans
connus sous
l'appellation des "KKY". De plus, chaque seigneur de la guerre
désirait régner parmi
les chefs historiques tels Khun Sa, Lo Hsing
Han, et parmi les officiers vaincus assassins et corrompus du KMT.
Le tout dans un contexte historique aux parfums romantiques de
guerres de libérations nationales
pour mieux masquer les égoïsmes
fondamentaux de bandes armées, en uniformes crasseux et dirigées de
temps
à autres par des criminels ou par des analphabètes ou des
pantins comme le général Bo Mya, chef des Karens,
que "Asian
Gazette" a pu rencontrer sur sa base déchue proche de Mae Sot aux
confins de la Thaïlande
et de la Birmanie. Ces chefs armés, dont
bien peu bénéficient de convictions humanistes précédaient, époque
oblige,
les "Taïpans", le plus souvent encensés avant la crise
financière et dont on sait aujourd'hui par des
indiscrétions
électroniques qu'ils sont devenus de véritables chefs de Triades
enregistrant des sommes
colossales grâce au trafic de stupéfiants,
d'armes, de personnes. Des noms comme Li, Kuok ou Ma résonnent
maintenant
assez bruyamment aux oreilles des services de contre
espionnage...Mais au fait! Cette terrible dérive sanguinaire
et
criminelle, n'était-ce pas l'objectif cynique avoué des diplomates
notamment Britanniques ? N'ont-ils
pas d'ailleurs récemment engagé
la défaite économique de Hong Kong juste avant la rétrocession de
1997
? A en croire les commentaires acerbes du dernier Gouverneur
Patten à l'encontre de son administration
et de ses anciens
dirigeants comme Sir Craddock...accusé de double-jeu... Là encore
il est important
d'effectuer un voyage dans le temps et de
s'imprégner d'extraordinaires récits et produits d'investigations
réalisés
par des auteurs tel Christian Gooden dans "Three Pagodas"
paru chez Jungle Books-Halesworth, ou bien du Journaliste
Gerald.
L. Posner dans son "Warlords of Crime, Chinese Secret Societies:
the new Mafia", paru
aux éditions Mac Donald & co et dont nous
citerons quelques passages: ..."En Asie du sud-est, non seulement
les
britanniques et les français engagés dans le trafic de l'opium
ont entraîné des populations entières dans une
consommation esclave
des drogues, mais ils ont aussi, par conséquence logique, voulue ou
non, créé
des réseaux de contrebandes. A cette époque, les
administrations coloniales ne craignaient donc pas
de récupérer,
(comme lors des guerres de l'Opium en Chine) des profits importants
le plus souvent
exportés vers les métropoles. Si les Etats
occidentaux ne travaillaient pas directement sur la distribution
et
la vente de l'opium. Cette "activité" revenait le plus souvent aux
marchands d'opium établis sous
licences et autorisations émanant
des monopoles étrangers...." Des marchands qui sont invariablement
Chinois,
du continent et surtout d'outre mer.
Alors bientôt, avec l'aval
reçu des autorités coloniales
britanniques et françaises, des familles, dirons-nous, mafieuses
chinoises
tissent des liens dans toutes l'Asie, de Rangoon à
Bangkok et de Saïgon à Shangaï et tirent une grande
expérience de
la gestion de ces trafics au point que l'apport des Triades et de
leurs criminels et
de leurs financiers sont les éléments clés qui
permettent ensuite l'explosion gigantissime de la vente d'héroïne
intervenue
dès la fin de la seconde guerre mondiale... L'heure est
propice aux retournements d'alliances. L'Asie du sud-est
connait
de véritables bouleversements. Les Britanniques retournent à Hong
Kong pour se heurter
maladroitement aux Triades chinoises sans
espoir de réussite. En Chine devenue Populaire, les vents de
l'Histoire
assoient au pouvoir les fidèles révolutionnaires de Mao
Tsé Toung, l'Angleterre accorde son indépendance à la
Birmanie...
et la France seule et surtout mal informée de la situation réelle
de ses colonies lointaines
ne comprend pas son problème et
s'agrippe à l'Indochine. Une Indochine transformée, rebelle,
intransigeante
et bientôt incendiée par le désir d'indépendance né
de "sa" grille de lecture des philosophes européens,
de
l'émancipation prônée par les révolutionnaires et enrichie des
idéaux fédérateurs de quelques
intellectuels et quelques
francs-maçons des nations occidentales. C'est donc dès lors que
les
réseaux de renseignements français et américains se livrent à
de terrifiantes activités clandestines qui auraient
une juste place
dans les meilleurs livres d'espionnage. Des opérations dangereuses
et souvent malveillantes
hélas. Elles seront déterminantes dans
l'origine de la création des réseaux de Triades. Celles qui
exerçent
presque naturellement leur ahurissant trafic de drogue
depuis la région du Triangle d'Or de Thaïlande,
du Laos et de
Birmanie. Les espions Français en effet passent des accords avec
les producteurs et
vendeurs d'Opium afin de pouvoir financer leur
guerre politique très coûteuse contre Ho Chi Minh. Quant à la
CIA,
obsédée par la menace d'un communisme monolithique, elle prête main
forte en accordant de larges
financements aux contrebandiers et
criminels mafieux impliqués dans le trafic d'opium. Un seul but,
une
seule raison presque irréfléchie ou insensée: il faut dresser
un barrage au communisme et endiguer son expension
dès les années
d'après-guerre. Les politiques mises en place dès ces années par
les services secrets
occidentaux ont bientôt transformé la région
du sud-est asiatique en un gigantesque centre mondial de production
d'héroïne
et de contrebandes sous toutes ses formes. En
particulier, celles qui cinquante années plus tard,
empoisonnent
directement les nations occidentales qui sont bien à l'origine de
ces stratégies machiavéliques
aux noms de "drogue, criminalité,
vol, terrorisme, maladies incurables". Le "choc en retour" en
somme...
Dans notre prochaine grande aventure d'AsianGazette, nous
devrons évoquer directement "Opération X" ainsi que
la conception
et l'organisation par les services secrets Français du trafic de
stupéfiants et parlerons
des manipulations pratiquées sur les
nations et les ethnies asiatiques. Ces dernières, bon gré mal gré,
vont
tenter de défendre leurs espaces de liberté, leurs fragiles
territoires ligotés à leurs ambitions désavouées
par les
puissances, avant de devenir les cobayes bientôt mortelles victimes
des alliances maudites...
Chapitre Cinq: "Les pirates de Saïgon"
Une
fois l'opium interdite de séjour au début des années 50 par une
administration hantée par des révélations désagréables;
certains,
au sein même des services secrets français, l'ancêtre de la DGSE,
décident que le commerce
de drogue serait, dorénavant "underground"
. Les militaires français estiment que pour venir à bout des
vietnamiens
du nord, le meilleur remède est de recourir à l'emploi
de milliers de mercenaires issus d'une guerre secrète.
Le problème
réside dans le manque de fonds dans une France et des territoires
aux finances asséchées
par les conflits. C'est alors que les
officiers supérieurs des services secrets de l'armée française
décident
d'élaborer les contours d'une stratégie bien distante de
la légitimité républicaine. La création de "l'Opération
X" sera le
bras armé de l'une des plus impressionnantes guérillas entreprises
par un Etat contre
l'idéologie communiste, quitte à s'allier une
fois encore aux organisations mafieuses. De 1951 à 1954, la France
créé
un réseau sophistiqué de distribution de l'opium, une
initiative interprétée comme une manne
inespérée attirant
subitement la loyauté des populations des hauts plateaux
Indochinois.
Les généraux français des services secrets croient
pouvoir se lier aux combattants asiatiques hostiles aux
populations
du nord. On croirait contempler un récit tiré des épisodes
relatant les terrifiants
exploits américano-asiatiques de Lucky
Luciano; mais il s'agit bien des états de services d'une poignée de
responsables
français déstabilisés, incultes et racistes. En effet
pour quiconque vit en Asie, dans les gorges et les vallées
secrètes
de régions inaccessibles, il est aisé de lire dans les pensées des
montagnards brutaux
voyant se profiler devant leurs yeux
incrédules, la solution subite à tous leurs échecs et vexations
territoriales.
La stratégie française est alors la suivante,
terrifiante d'absurdité: Chaque année, à la récolte de l'opium,les
agents
supplétifs des services secrets achètent la drogue à bon
prix auprès des tribus des hauts plateaux indochinois.
Pour
transporter "sans tracasserie policière ou douanière" les lourds
chargements de la drogue les
trafiquants stockent les convois dans
des barraquements appartenant à l'armée française. Puis la rogue
est
envoyée par camion à Saigon, et est remise au Gang des
Rivières, le syndicat du crime, la mafia locale,
qui collabore avec
les services secrets. Ce sont ces pirates du Gang des Rivières qui
transforment
l'opium dans deux grands laboratoires de Saigon, puis
en distribuent une grande partie dans les antres spécialisées
dans
sa consommation, les fumeries, et remettent le reste aux marchands
chinois liés aux Triades.
C'est alors que le Gang des Rivières
partage le bénéfice des ventes de l'opium avec les services
spéciaux
de l'armée française. Résultat éclatant, mais pour
combien de temps? "L'Opération X" permet donc d'intensifier
la
guérilla anticommuniste entreprise par les militaires français
auxquels se rallient plus nombreux,
les tribus des hauts plateaux.
Du moins, aussi longtemps que les chefs de tribus reçoivent leur
"écho"
, majoré de primes pour leur trafic d'opium. Il ne faut pas
attendre bien longtemps avant que le processus
se grippe car les
tensions au coeur des services secrets existent et certains, plus
incisifs que d'autres,
décident d'injecter de nouvelles équipes de
"middlemen" qui n'ont rien à voir avec les ethnies des montagnes.
Les tribus se fâchent devant le manque à gagner mais sont
superbement ignorées par l'armée.
Conséquences rapides: les tribus
"lâchent" les militaires français puisque l'argent se raréfie et
cela
demeure l'une des multiples raisons pour lesquelles la France
perd alors tout soutien venant des populations
des hauts plateaux
indochinois. Il est donc possible de dire, estime Gerald L.
Posner, que
la politique des services secrets français et de
l'armée a contribué à l'effacement de plus en plus profond
de la
présence française en Indochine. Les "Méos" , l'un des puissants
bras armé des mercenaires
français en Indochine, sont si furieux
après les militaires français, que progressivement, ils permettent
aux
nords vietnamiens une entrée moyennant finances et biens sur
leur territoire. Ceux-ci s'infiltrent progressivement
dans les
montagnes et la jungle, et entourent bientôt les garnisons
françaises. Une ignorance
de la situation locale réelle par l'Etat
Major français, coutûme encore bien présente 35 ans plus tard,
devait
directement influencer l'impréparation des unités françaises
vouées à la boucherie. L'illustration sans doute
majeure se trouve
dans cet épisode historique et ô combien tragique de "Dien Bien
Phu" où l'armée
française est écrasée par les canons et les
mortiers des soldats nord vietnamiens. Sans la présence
des
alliés" Méos" , la France courbe la tête et dépose les armes le 8
Mai 1954, l'armistice est signé
avec le nord deux mois plus tard.
Les français de la métropole, patriotes et démocrates, médusés par
cette
défaite, et ignorants des tractations qui sont pratiquées en
leur nom, n'auront jamais le pouvoir d'accès à
ces tristes faits
qui font mal et dont beaucoup encore aujourd'hui refusent
d'admettre l'évidence
: Une absence de connaissance et de rapports
du terrain clairement constitués par des spécialistes.
"AsianGazette" a entendu de troublants témoignages évoquant la
crainte,
à l'époque, d'une déstabilisation de la politique
française. Il serait intéressant de décrire ultérieurement,
et en
se basant sur des révélations et non sur des communiqués, des
sentiments de trahisons
ou des mensonges, les attitudes et les
comportements des personnalités et des dirigeants français de
l'époque
en Indochine. Car ce n'est pas seulement la défaite et
l'abandon de territoires acquis par le colonialisme
dont il est
question et dont on abreuve, une larme aux yeux ou avec le scalpel
de la révolte en main
, tous les étudiants et la pensée publique.
Ce dont il est question alors c'est qu'en 1954 la France perdra
définitivement
son pouvoir géopolitique en Extrême- Orient. Et ce
qui est plus grave encore pour les acteurs de ces
politiques
cyniques, c'est la perte d'immenses profits générés par la
production et la vente
de la drogue. Des profits qui ne seront pas
perdus pour tout le monde! En effet, la drogue, l'opium, l'héroïne
et
ses appétits, voila qui va donner lieu à un affrontement armé
extraordinaire entre les services secrets français,
les trafiquants
et chefs de Gangs et de Triades indochinoises et...leurs homologues
de l'armée américaine.
Une Amérique qui ambitionne de dominer le
monde. Cet épisode unique dans l'histoire sera le prochain
chapitre
d'une "autre Histoire" rapportée grâce à de nouveaux
témoignages et documents découverts par "AsianGazette"
alors qu'en
1955, la production de drogue s'amplifie en Extrême-Orient, en
proie à une crise politique
et économique majeure et à l'ambition
déchirante des Organisations de l'Ombre et des Groupes Mafieux. Un
scénario
qui, une fois encore, ressemble à s'y méprendre, n'en
doutons-pas, à celui qui prévaut en 2000...
Chapitre Six: "Le Palais des Miroirs"
Le
mépris! C'est bien le mépris, la vantardise et l'ignorance de
Paris qui ont donc précipité les services de
sécurité d'une France
enlisée en Indochine dans une guerre sale et aux méthodes confuses
d'asservissement.
En rejetant l'étrange alliance des services
secrets de l'armée française et des tribus montagnardes "Méos",
le
trafic de drogue inspiré par des militaires aux abois a entraîné
des conséquences dramatiques
pour les français. Après la défaite
de Dien Bien Phu et la reddition française du 8 Mai 1954 suivie
deux
mois plus tard par l'armistice, une autre puissance coloniale
se prépare à engranger les bénéfices de l'expérience
des services
secrets français, engagés dans la contrebande de l'opium. C'est
l'Amérique. L'Amérique,
en effet, depuis le China Lobby de la
famille "Soong" veut régner en Asie. Les agents secrets US
suivent
avec attention "l'Opération X" montée par les français pour
détourner l'argent de la drogue afin de contrer
les communistes
asiatiques et maintenir sa présence en Asie alors que Paris donne
des signes d'impatience
face aux colonies "enragées". Une
politique que les américains ont vite assimilé car le trafic de
l'opium
s'avère être le moyen permettant de développer les finances
des services secrets de la CIA, encore jeune depuis
sa succession
en 1947 à l'OSS et pour cela va s'assurer de la loyauté des tribus
"Méos". La CIA
qui n'a donc qu'à remplacer les français, sans
angoisse d'une riposte. Les américains préparent pour
cela
l'insurrection des montagnes du Laos et du Viet-Nâm afin de faire
rampart aux idées venues de
Pékin et Moscou et ils expédient des
agents d'influence et de désinformation. Selon l'auteur Gerald L.
Posner,
ils offrent au Colonel Français chargé de l'"Opération X"
de travailler pour eux et de maintenir le trafic de
l'opium à leur
avantage. Ce Colonel peu regardant sur la morale, pensait alors ne
pas conserver toute
sa liberté et autonomie, il a finalement refusé
cette offre cynique. L'armistice signé, cela veut dire que
les
français se retirent de la partie nord du Viet-Nâm, avant de
décider un référendum en 1956.
Dans l'intervalle, les services
secrets de l'armée française maintiennent leurs opérations de
production
et de contrebande d'Opium dans la partie sud du pays
avec les trafiquants et les pirates du Gang des Rivière
de Saïgon.
Voila qui garantira un profit immense venant de la drogue, du jeu,
et de la prostitution
et c'est alors tout ce qui importe aux
quelques militaires en charge de l'opération à Saïgon. Qui a parlé
de
hautes stratégies politiques à des militaires au sortir d'une
guerre mondiale éprouvante et qui se retrouvent
au bout du monde, à
Saïgon. Saïgon! Le symbole de l'exotisme de pacotille, évoqué par
l'auteur à succès
Emmanuelle Arsan, qui en transplantant à Bangkok
un récit sur les moeurs libérés issus d'un érotisme de façade
de
quelques diplomates et hommes d'affaires français en Thaïlande,
donne une image de ce qu'était
aussi la vie sous les palétuviers
d'avant Hô-chi-Minh-ville. Cette perversion ou ce "mal de l'âme",
avait
pour cadre fort en couleurs le "Palais des Miroirs"! La plus
grande entreprise de prostitution jamais organisée
au monde et dans
l'histoire, même dans le Shangaï des années 30! On y complote, on
y vit et l'on s'y
fait broyer, on y meurt parfois sans extase et
dans d'horribles tourments. A Saïgon, le printemps est éprouvant
et
le climat ne tarde pas à influer sur les relations
France-Amérique. Elles se détériorent beaucoup
entre français et
américains. La raison est que ce référendum inquiète l'Amérique
peu à peu convaincue
de l'inutilité de ses offensives diplomatiques
lancées contre les français. Et bientôt, selon des informations
recueillies
par les agents de la CIA, chacun sait que les
nationalistes vietnamiens vont remporter haut la main
la majorité
des suffrages. L'Amérique ordonne alors à la France de sursoir au
référendum. Mais elle
exige également, amérique impériale, que les
français cessent les entreprises mafieuses de quelques militaires
issus
des services secrets, peu convaincus des mérites de la morale
républicaine. Cela est trop d'insolence pour
Paris: Refus du
Sdece! On aiguise les lames dans chaque camp, les français
ameutent les amis
Corses et les pirates de Cholon face aux
américains. Début 1955, les français mobilisent leurs alliés
du
Gang des Rivières ainsi que quelques mercenaires originaires de
Corse. Les spécialistes reconnus
dans le trafic d'influence, le
jeu, la prostitution et l'argent de la drogue, qui tiennent de
longue
date, le trafic d'héroïne entre l'Asie, l'Europe et
l'Amérique. Aussi en avril 1955, un véritable
bataillon
"patchwork" français voit le jour à Saïgon, et progressivement, la
querelle franco-américaine
se transforme en un déferlement de
violence pour un sac d'Opium.
On
se livre à une guerre sanglante entre militaires, flics et
trafiquants mafieux en plein coeur de Saïgon.
L'Amérique est
patronne les sud-vietnamiens et le chef de l'opération américaine
n'est autre que
le célèbre Colonel Edward G.Lansdale. Les
militaires français vont apprendre à en découdre avec cet américain
génial
manipulateur, sans état d'âme. Le "ton" juste dans une
telle guerre entre criminels, barbouzes ayant
trempé dans la
collaboration nazie, et mauvais soldats qui font face à de bien
naïves victimes.
Un drâme va se jouer face aux populations
effrayées sous la baguette de ce Colonel américain. "Lansdale"!
Quelle réputation sulfureuse! "Asian Gazette" y reviendra mais
doit, en quelques lignes, tracer
les principaux traits de caractère
de ce redoutable personnage. Il sera impliqué en Asie dans toute
l'histoire
de l'espionnage américain d'après-guerre. Il est là en
particulier dans le cadre des extraordinaires découvertes
sur
l'affaire de "l'Or de Yamashita" suite au pillage de l'Asie par les
"Zaibatsu" des Mitsubishi et
Mitsui ou encore des sociétés telles
Nissan et moultes entreprises de constructions et autres chimies (
en
Mandchourie ) qui sont servies par les militaires japonais et
les mafieux de Kodama Yoshio. Ce pillage d'Asie
sous forme d'un
vaste trésor évacué vers le Japon par des navires de guerre dont
certains bombardés
et coulés volontairement par l'US Navy préférant
engloutir temporairement dans les mers un trésor de guerre
plutôt
que de le voir servir à la poursuite du conflit. Cet or, après la
guerre, aurait permis de reconstruire
toute une Asie exsangue! Les
forces d'occupations américaines en ont décidé autrement. Une très
sinistre
affaire aux conséquences déstabilisatrices, de nos jours,
pour une Amérique, loin des idéaux des pères fondateurs,
régnant
sans partage en Extrême-Orient depuis la fin de la guerre froide
ainsi que l'écrira Chalmers
Johnson. L'universitaire de San Diego
qui donne parfois bien du fil à retordre aux officiels du
Département
d'Etat et au DOD. Il faut préciser que " l'Or de
Yamashita " aujourd'hui encore suscite la crainte
de quelques
dirigeants à Washington et Tokyo, aux Philippines, au Royaume Uni,
en Suisse et dans
les grandes places fortes bancaires car ce
pillage a nécessité après coup la protection des Yakuzas et
des
soldats japonais d'abord, des milieux financiers internationaux et
des banques ensuite, ainsi que
du "cover-up" du dictateur Philippin
Marcos, prenant sa part du magot, soutenu par les anciens
locataires
de la Maison Blanche, celle-ci ayant longtemps fermé les
yeux sur les crimes et la barbarie du dictateur Philippin
et de ses
chefs de Sécurité. Toute cette affaire serait, de par son
envergure, en mesure de
bousculer quelques données géopolitiques en
Asie si des pressions extraordinaires devaient être exercées par
les
dirigeants Chinois de Pékin. " Asian Gazette " constate, par
des sources américaines, que face à nos yeux
se joue la version
"Asiatique", non exploitée par les avocats, de l'Or volé aux
populations Juives
par les Nazis! Mais revenons à Saïgon dans les
années 50! Le Colonel Lansdale est le chef local de la CIA
et il
va diriger les opérations de prise en main du trafic de drogue à
partir du Palais Présidentiel!
Tandis que face à lui, son
adversaire, le Capitaine français Antoine Savani, patron du Sdece
de
Saïgon, prend refuge dans le quartier général du Gang des
Rivières. On ne pourrait être plus "engagé" face
à face! Durant 6
jours et 6 nuits, Saïgon ne sait à quel diable se vouer, une
bataille rangée
et féroce, un véritable combat de rues et de canaux
où les ennemis s'affrontent maison après maison, quartier
après
quartier, dans un torrent de feu et le crépitements des fusils
mitrailleurs. Bien sûr,
le sang coule, et les victimes sont
achevées. Dans chaque camp, Français ou en face, Américain, la
Mafia
et l'Etat oublient pour une semaine leur différence, et
s'unissent bizarrement afin de contrôler les gains
venant de la
drogue. Des scènes cruelles qui mériteraient quelques Oscars se
produisent devant les
populations dont les plus fortunées iront en
fuite vers les montagnes à Da Lat, ou sur la côte. Au registre
des
"contrats", on voit le Gang des Rivières promettre une forte somme
à qui ramènera la tête du Colonel
Lansdale. Il lui est annoncé un
suplice à faire frémir ses gardes du corps chargés de le protéger
car
des meurtriers sont lancés à sa poursuite. Au point qu'un
message passe alors entre les belligérants: Pas
de survivant! Les
malheureux perdants des batailles de rues seront tués,éventrés et
leurs corps
déchirés à la hache, la panse emplie de boue avant
d'être retournés à leurs armées respectives. Asie bienveillante.
Mais les pirates de Saïgon s'avèrent être de mauvais alliés pour
les français, en raison d'une vie
trop facilement menée durant des
années à boire le pastis avec les barbouzes françaises tout en
tordant
le coup aux petits marchands, et, en séduisant de jeunes
vietnamiennes vendues au marché des prostituées.
Dur labeur pour
les pirates des Rivières car cette fois l'opposant est américain et
il est motivé.
Après une offensive éclair des forces du Colonel
Lansdale, la CIA et les soldats sud-vietnamiens viennent à
bout des
français. les Corses se rendant parfaitement compte de l'inégalité
du combat ne tardent pas
à se replier.
La France est alors défaite pour la seconde fois
sur cette terre
d'Indochine, avec 500 morts durant cette guerre des 6 jours de
Saïgon, 2 000 blessés,
et 20.000 sans abris, un bilan qui renforce
le pouvoir de Ngo Dinh Diem. Il est le choix de l'Amérique pour
conduire
la république fragile. Impassible, le féroce Diem saura
utiliser le pouvoir de l'Amérique pour affirmer son
influence en
contrôlant lui aussi les organisations mafieuses de Saïgon. Et
pendant les années
qui vont suivre, les Etats Unis d'Amérique
laisseront carte blanche au dirigeant Vietnamien qui va s'impliquer
plus
encore dans le commerce de la drogue ( scénario identique au
Cambodge et en Thaïlande voisines ). Le patron
de l'armée de l'air
sud-vietnamienne et Vice-Président Nguyen Cao Ky, décrit Gerald L.
Posner, devient
le "numéro Un" du trafic de stupéfiants et masque
ses activités sous le motif de contre-espionage anti-communiste
par
sociétés écrans. Les américains feront de même, quelques temps
après à Bangkok, organisant
le trafic à partir de sociétés écrans
dont une située sur une avenue ombragée de Bangkok, non loin de
l'Ambassade
des Etats-Unis. Elle sera confiée à un étrange "trio"
de commandos-gangsters-espions que l'on décrira dans
un chapitre
prochain, tant leurs protections reçues chez les éléments les plus
extrémistes de l'armée
américaine donnent le frisson. Mais pour
l'heure, à Saïgon, après 1955, le trafic est parfaitement organisé.
Le beau-frère du Vice-Président Ky dirige lui-même les opérations
depuis les installations portuaires et surveille
les exportations
de drogue avec l'aide de la Triade Chinoise et des naufrageurs de
Cholon, ce monde
flottant de Saïgon réservoir des communautés
chinoises d'outre-mer. Les dirigeants Vietnamiens se servent
pour
l'exportation des propres avions fournis par leur gouvernement et
transportent cette drogue
par des camions de l'armée, drogue
venant, scénario immuable, du Triangle d'Or. La Triade de Cholon
négocie
après quoi les prix avec les "frères" des Triades du
Triangle d'Or qui surveillent la culture de l'Opium,
le raffinent
en héroïne dans des laboratoires situés dans les jungles des
montagnes allant de
la Birmanie ( actuel Myanmar ) jusqu'au
Viet-Nâm. Après quoi, la drogue est revendue aux clients
de
Saïgon, le reste est expédié vers Hong Kong, la plaque tournante du
trafic. Cela s'inscrit comme
un fait historique depuis les temps
où des hommes d'affaires britanniques se sont associés à des
"compradores"
de toutes origines travaillant, exemple, pour
"Jardines" alors en guerre commerciale avec la Chine. (Cela
fait
toujours très mal à Londres, ce genre de propos) Ensuite, à Hong
Kong, les Triades Chinoises
se chargent des expéditions vers le
reste de l'Asie et les Etats Unis. A Bangkok aussi se met en place
progressivement
et depuis cette époque,des points de passage au
nord ouest, au nord est et au sud ouest de la Thaïlande,
avec des
zones de stockage permettant de nouveux bénéfices grâce aux
transactions entre intermédiaires
politiques et militaires
thaïlandais. Ils accordent leurs protections, sans beaucoup qu'on
les
y contraigne, aux trafiquants d'autant qu'ils sont protégés par
de puissants personnages militaires ou policiers
alliés d'alliés
d'une faction de l'Amérique. Quant on peut accéder, comme l'ont
fait nos sources,
aux documents confidentiels des rigoureux
services de l'armée américaine, on constate sans peine que
les
dirigeants du gouvernement corrompu de Diem passaient davantage de
temps à gérer leurs portefeuilles
de trafiquants de drogue qu'à
veiller aux bonnes destinées d'un pays partagé en deux frères
ennemis.
Aussi, les américains ne voient pas alors d'un très bon
oeil ces demi monarques chargés de "gérer"
leur lutte
anti-communiste. Car tout comme les français l'ont appris assez
maladroitement à leurs
dépens après l'avoir créé, le trafic de
drogue repose sur une structure féodale, ou pyramidale, où chaque
"soldat"
recueille une partie du profit généré par le gigantesque
trafic international de l'Opium. Peu de candidat, d'où
qu'il soit,
et à quelque niveau social ou hiérarchique qu'il fut, résiste donc
aux enveloppes allant
de 5.000 à 500.000 dollars pour "détourner"
les yeux vers d'autres réalités que celles du trafic de stupéfiant
ainsi
que "Asian Gazette" l'a appris, à Tokyo, de la bouche même
d'une famille haut placé dans la fonction publique
ayant vécu à
Saïgon jusqu'en 1975, très instruite sur ces pratiques. Criminels,
les trafiquants ?
Mais aussi ceux qui les ont armés, protégés ou
défendus! C'est la réflexion simple mais fondamentale que
pose
Gerald L.Posner par ses écrits et ses investigations qui
aujourd'hui encore sont combattus
tant ils gênent. Il subsiste
encore des meurtriers résolus à faire appuyer sur une gachette afin
que
se taisent les perturbateurs ou encore pour mettre en oeuvre
(!) une manipulation destinée à faire perdre
leur crédibilité aux
enquêteurs par des avocats eux mêmes criminalisés. Reporter Sans
Frontières
tient à ce jour d'excellentes statistiques. D'autres
journalistes ont en mémoire l'épisode survenu à
"Henri Liu"
massacré par la mafia issue du KMT. "AsianGazette" reviendra aussi
ultérieurement sur ces
sujets dans des chapitres nourris de "l'air
vicié du temps qui passe" de Taipei, à Manille ou Bangkok. Posner,
mais
avant lui A. Mac Coy ont disséqué ces
sujets dans les mondres détails, tout comme, dans une autre mesure,
David
E. Kaplan.
Tous ont décrit avec une extraordinaire précision
les rouages de
ces trafics, entrepris par la Terreur dont est capable une
organisation mafieuse,
une triade, une camora, mais aussi,
n'importe quel Etat au sein d'un Etat ou d'un groupe, civils,
militaires,
fondamentalistes religieux, dirigeants politiques. En
Asie si la CIA, au service de l'Amérique politiquement
divisée sur
le rôle à donner aux nations séduites par les théorie de
libération, marche en
1955 sur les traces des militaires français
alliés aux trafiquants de Corse, la CIA a également armé le bras
des
guérillas des montagnes auxquelles elle promet des
compensations en nature et en territoire sous contrôle
de l'Oncle
Sam. Air America a bien illustré par exemple l'implication des
services des entreprises
privés travaillant pour une cause
gouvernementale. Pourtant, alors que du Laos, s'envolent à bord
d'Air
America des chargements d'Opium destinés au Viet-Nâm du sud,
l'Amérique elle-même commence à entrevoir les
effets dramatiques
générés par cette mauvaise gestion d'image aux effets
"collatéraux".
Le président Richard Nixon, en 1971, a lui-même
prétendu devoir mener une guerre sans merci contre "l'ennemi
numéro
Un" de l'Amérique, à savoir "l'héroïne" ! Une drogue qui était
destinée à empiler des
millions de dollars sur des comptes
off-shore, permettant de lutter contre tout ennemi déterminé et
aussi
contre tout désir d'indépendance et d'auto-détermination de
jeunes Etats à peine sorti du colonialisme. Eternel
recommencement
d'une giga-puissance. Quant au communisme et son interpétation
asiatique par une
élite formée en Europe au début du siècle (Deng
Xiaoping ex-pensionnaire de Normandie) apparaît-il comme
une
solution politiquement stable? Il s'est montré, dans son
illustration passée, incapable
d'incarner un réel espoir de
changement dans les sociétés traditionnelles asiatiques issues des
bourgs
et des systèmes claniques (il a aussi conduit avec excès une
politique de non engagement débouchant sur la famine
en Corée du
Nord avec le régime de Pyongyang qui transforme ses habitants en
réfugiés selon les
rapports des organisations caritatives). Et
survient après le mandat sur l'Inde, la Chine, et l'Indochine mené
par
les pays colonisateurs issus d'Europe, d'Amérique ou du Japon.
"Asian Gazette" ne peut que renvoyer aux écrits
des philosophes
mais aussi pointer le doigt vers les financiers tels Georges Soros,
les Hedges Funds
et Off Shore Funds capables de dévaster une
nation, une culture, un espoir. L'Opium et l'héroïne, enjeux
extraordinaires
ayant donc déchaîné les haines des Etats, hasard
biologique ou justice des hommes? Comme un effet "boomerang"
c'est
bien cette même héroïne qui va, nature oblige, détruire tout espoir
de règne de l'Amérique militaire
au Viet-Nâm, avec des générations
de GI's drogués à vie, tout comme l'héroïne a contribué à briser
"net"
tout rêve de domination française en Extrême-Orient dans les
années 50 à 80.
Chapitre
Sept: "L'Amiral et le Financier"
Une réalité dont les peuples d'Asie
sont encore et toujours bien
conscients alors qu'ils vivent, telle une nouvelle forme de
colonisation,
un ajustement structurel fondamental mais lourd en
conséquences pour la stabilité des jeunes Etats d'Asie
à peine
émancipés des tutelles. Un ajustement nécessaire selon l'Occident
qui observe souvent et
mène, parfois, une guerre aux positions
dogmatiques. Alors dans un premier temps, la riposte Orientale
prendra
la forme d'une sorte de nettoyage virtuel "d'Asian Inc"
opéré par les "Shoguns" et "Mandarins" des Etats
asiatiques, sans
remetre en jeu le moins du monde, leurs intérêts particuliers ni
ceux des opérateurs
des géants de l'industrie et des entreprises
d'Asie Pacifique. L'un des exemples les plus typiques concerne
la
stratégie japonaise permettant aujourd'hui aux entreprises de
l'archipel de retrouver des
ressources financières d'une grande
fraîcheur pour ré-équilibrer leurs entreprises criblées de dettes.
Le
cas de "Nissan" est intéressant et suscite admirations,
inquietudes et passions :
Renault
a rencontré Nissan au hasard d'autres projets
industriels américains et allemands, Ford et Daimler-Chrysler,
Nissan
est une entreprise japonaise qui a décidé d'accorder à la
firme française une participation dans ses destinées.
Nissan!
Pourquoi? Caracteristiques: Inoperante, vieille, avec un
endettement de 15 milliards
de dollars. Ses objectifs de
croissance sont axes sur le long terme. D'abord, la
forme: la firme
nippone acquise pour 37% par Renault a protégé ses
milliers d'employés japonais utiles et leurs retraites.
S'efforcant avec plus ou moins de subtilité, de maintenir les
fondamentaux du consensus et
du modèle de stabilité sociale de
l'entreprise en laissant un etranger, le cost killer Carlos Ghosn
augurer
du destin de 21.000 salaries pousses d'ici 2001-2002 vers
la porte de sortie. Nissan a appelé la firme au
losange pour son
style de gestion et ses envies de conquetes, finalement au dernier
moment, étant
donné le rejet des autres grands de l'automobile
internationale. But? Permettre le changement des mentalites
economiques
japonaises et de tailler dans le gras des effectifs
salaries. La semaine des 100.000 chomeurs etait le slogan
arbore
dans les luxueux bars-salons des grands CEO de sortie sur la
"Ginza" au moment ou les dirigeants
de Renault Nissan affirment que
"Nissan a valeur de symbole". Malheur a qui pretendrait le
contraire,
comme on aime le dire avec des eclairs a hauts voltages
dans les yeux aux stands franco-japonais du salon
de l'Auto de
Tokyo 99, le Tokyo Motor Show. Ici on evite de parler des couts
sociaux du plan Ghosn
tout en sablant le champagne au premier etage
du stand Renault. "Inevitable destin" pour des salaries jetes a
la
rue, "on ne va pas s'embarrasser des japonaiseries inutiles" sur la
notion de pays de l'emploi
a vie, ce qui a l'heure de la
mondialisation de l'economie fait ringuard. Aussi sec! La firme
française
sera bientôt contrainte, pour exister au plan
international, d'injecter des sommes colossales chez
sa cousine
nippone et ensuite batir un nouvel esprit d'entreprise. Que ne pas
faire pour devenir
la quatrieme firme automobile mondiale? A
croire donc que la stratégie était engagée, derrière le paravent,
par
les dirigeants politiques et économiques de "Japan Inc". Les
adeptes de la conspiration vont apprecier
la saveur de la
strategie, au point que les remarques, vues comme autant de katanas
lances sur
Carlos Ghosn, par le Premier Ministre Japonais Keizo
Obuchi craigant pour les licenciements dans l'industrie
automobile
et la sous traitance, ont donne bien du vague a l'ame chez les
ingenieurs et designers
de Renault-Nissan venus suivre le Big Boss
Schweitzer au Japon. Masquant ses responsabilités en cas d'erreur
de
management de la direction française, Nissan pourra exiger plus
tard un droit de regard sur la gestion des
affaires de Renault!
Voila, une nouvelle fois la spectaculaire démonstration des
stratèges
de la tactique d'attaque et de défense des cousins de
"Sun Tzu". Bien sûr, "l'entrepreneur" et qui le contesterait,
doit
etre audacieux et justifier les financements et les convergences
industrielles afin de ménager
quelques soucis de carrières tant
dans l'industrie que dans l'administration, aidé en cela par les
lobbies
de presse et d'affaires, voire, par les clubs d'influences.
Question pourtant votre honneur! La méthode
"Ghosn" va-t-elle
convaincre, mieux que lors des 3100 licencies de Vilevorde, les
japonais d'une
part et les marches d'autre part, de la visibilite
de l'industrie automobile franco nippone ? Trop tot pour
le dire
mais Carlos a deja fait ses preuves. Merite-t-il le benefice du
doute? A noter tout de
meme une serie de belles perfomances nees
de cette union Renault Nissan encore contestee par la moitie des
agences
financieres. En effet, on avance a grands pas sur le
chemin des nouvelles alliances strategiques apres
l'accord entre
equipementiers style Valeo et Zexel. On peut donc saluer cette
performance en oeuvrant
pour que leurs benefices soient aussi
splendides que ne l'ont ete les Companion Girls dansant assez
sulfureusement
au stand Nissan du Tokyo Motor Show. Bref, un
automne 99 de tous les dangers! Pourtant il n'y a pas péril
dans
toutes les demeures, et pour l'instant donc, on se contente de
jouer, dans les salles de repos
des géants économiques japonais et
dans les "resorts" de ces groupes, quelques parties de "Go" et de
"Shogi",
histoire de se préparer à la bataille économique du 21è
siècle naissant. Siècle de l'information
et siècle du
tri-dimensionnel ainsi que l'incarnent, apprentissage ludique, les
derniers gadgets
des jeux vidéos.
Tandis que fleurissent, dans les librairies les
plus fréquentées,
les dernières revues allant de l'intelligence émotionnelle, aux
techniques comptables
de l'Ouest en passant par l'emploi militaire
des lasers! Le mal né de la crise financière a entrouvert
des
portes inespérées de mémoire d'entrepreneur asiatique. Pourquoi?
eh bien parce que cette "crise
asiatique", dès le printemps 1999,
connaissait les premiers signes, timides, d'un apaisement comme par
évanescence.
Suivi par des taux de croissances trimestrielles
audacieux. La nouvelle stupéfiait d'ailleurs les investisseurs.
Ce genre d'annonce est d'abord rarement commentée par les cabinets
d'études hésitant à ré-évaluer leurs
rapports, encore moins par les
milieux administratifs, prélevant leurs données le plus souvent
d'ailleurs
dans la presse spécialisée. Ainsi dans le courant de
l'automne 99 la tendance à la remontée n'est encore exposée
qu'avec
parcimonie par les milieux "autorises". Quant au véritable motif
de la reprise?
En dehors des considérations
géo-planétaires...faisant perdre leur latin aux experts de la
région
les yeux rivés sur Pyongyang, quelques cabinets avancent une
thèse selon laquelle les obligations de résultat
des établissements
financiers internationaux ne contraignent-ils pas dorénavant les
décideurs à re-créer
un développement accéléré des pays asiatiques
en allant chercher, par exemple, dans leurs entreprises
restructurées
qui "tournent", de quoi, dynamiser les occidentales ?
Et en vendant ce que le savoir faire occidental a de
meilleur.
Thèse récemment avancée par les économistes. Et non par les
analystes financiers
amateurs de l'économie casino avec
sophistication d'options et futures tels Goldman Sachs et autres
banques
suisse, française ou américaine. Pour ceux là, il est vrai
que début septembre 99 à Tokyo, d'aucuns se
sont retrouves
brûtalement licenciés pour cause de pertes "importantes" ! Les
pertes de deux grandes
banques américaines, selon les informations
dont disposent "AsianGazette", se seraient chiffrées en dizaines
de
millions de dollars par jour. Erreurs de stratégies. Aussitôt
sanctionnées. C'est le carton
jaune. Preuve encore que les
analyses des "grands communicateurs" ne pèsent pas très loursd, à
en
croire les grandes envolées de 1996 sur le miracle asiatique de
la Banque Mondiale et du FMI, incapables ou
refusant d'avertir, à
quelques mois près, de la crise financière de Juillet 1997? Sans
aller, dans
le registre de Maurice Allais, le prix nobel
d'économie, convaincu d'une nouvelle et prochaine conflagration
financière
mondiale et qui se fait l'avocat d'une souhaitable
orthodoxie de la finance internationale, les Etats
de la région
promettent plus de prudence, et font le ménage, un "dû" à la
mondialisation.
Mais ils se préparent un droit de réponse,
certains y verront un droit de riposte, qui surgira de Chine?
d'Inde? du Japon? Une hypothèse de "triple alliance" qui donne
des cauchemards aux analystes
occidentaux. Actuellement on
constate un nouveau ton dans les réflexions, un ton parfois
anti-occidental
qui apparait vivement dans l'opinion publique en
Asie, avec une percée souvent très anti-américaine pour l'économie,
le
commerce et la politique et très anti-chinoise pour les affaires
criminelles qui montent en flèche au point
d'attirer dans le
Royaume de Thaïlande le premier Chinois Jianz Zemin lui-même venu
donner ses ordres
aux vassaux, mais aussi lancer le grand vent de
la riposte contre les "satans" adeptes du néo-colonialisme.
L'Amérique, accusée d'avoir la main trop lourde, guidée par le
racisme! Voila une thèse excessive
mais bien fréquente au Japon,
en Chine, en Malaisie, en Thaïlande et en Corée du sud. A Tokyo,
c'est
cette crise de confiance anti-occidentale qui est l'une des
raisons de l'élection en Avril 99, du Gouverneur
Ishihara Shintaro
à la tête de la méga-municipalité. Ce qui n'a pas interdit les
modifications Parlementaires
des dispositions du Traité de Sécurité
Militaire permettant un soutien fort dans la surveillance de la
région,
et ouvrant davantage de ports japonais à l'armada de l'US
Navy. Quiconque aurait un avis different sur l'alliance
de defense
usa-japon risquerait d'ailleurs d'en payer le prix fort, exemple a
ete donne avec le
faucon nationaliste Nishimura Shingo, un
politicien du parti Liberal de Ozawa Ichiro, en poste a l'agence
de
la defense japonaise. Nishimura a ete limoge en octobre 99 car ses
declarations sur l'image d'un
Japon qui devrait se doter de l'arme
nucleaire, ont ete jugees derangeantes par le Premier Ministre
Obuchi.
L'homme s'etait deja illustre en 1997 en plantant un
drapeau Hinomaru lors de la querelle territoriale
avec le monde
Chinois sur les iles Senkaku -Daioyutai- Tous ces propos sur la
defense ou le nucleaire
sont assez mal venus a Nagatacho, le
quartier du Parlement nippon, dans le sillage de l'angoisse sur les
missiles
Taepondong de Coree du Nord et sur la criticite de l'usine
JCO de Tokaimura. Des propos juges deplaces alors
que l'opinion
gemit contre tous les harcelements pour cause de crise identitaire
venue de la "crise
financiere". Pourtant...une corruption
permanente et une criminalite mafieuse financiere invisible mine
encore
et toujours des pans entiers de la société face a
l'incapacité des politiciens, statues d'argile articulees,
à sortir
de leurs pots de vins et faux débats. Au point que les seuls a
donner un serieux coup
de tete etant les hauts fonctionnaires
nippons "nommes" dans la vie politique et que l'on ressort lors des
grandes
rencontres inter-parlementaires.
Et parfois, il y a des exceptions:
"Lex dura sed lex". Exemple
avec le Gouverneur de Tokyo Ishihara, un écrivain-politicien, qui
est
l'élu de la contestation "poujadiste" japonaise, certes et qui
est jugé sévèrement par la presse japonaise.
Elle le présente tel
un "redacteur" rêveur, borné et incapable d'écrire ses discours
avant de le
traiter de révisionniste qui conteste les tueries de la
seconde guerre mondiale en Mandchourie ou à Nankin.
Ishihara,
porté par des vents "réactionnaires" est, avec l'ancien PDG de
"Sony" le defunt Morita
Akio (un ancien de l'équipe des chercheurs
de la bombe atomique japonaise), bien connu pour son droit de dire
"Non"
à l'Amérique qu'il accuse de colonialisme. Son ambition?
Bouter hors de Tokyo les bases américaines! Le mélange
des genres.
Mais n'est ce pas la règle durant les débats politiques
qui
se nouent devant les cameras des televisions, voire
au Parlement? Moins percutant mais néanmoins tout aussi
hostile
aux exigences Américaines, reprises toutes en
coeur par quelques Européens, le Premier Ministre
Chinois
Zhu Ronji voudrait bien prendre le rang de
Monsieur "Propre" du Kremlin Chinois avant de donner de
la
Chine, l'image de Puissance Géo-Politique de la zone
Asiatique. L'homme qui fâche si bien les caciques du
PCC,
s'est lancé dans diverses campagnes
anti-corruptions visant les élites et les membres du
Parti. Une autre
révolution culturelle entre deux
parodies de procès de la secte Falun gong, pourtant Zhu
Ronji continue
de balayer les rouages poussiéreux de la
Chine millénaire, parfois sans convaincre, et rejette
d'un revers
de mains, les accusations d'atteintes aux
droits de l'homme en Chine ou d'espionnage industriel et
militaire.
Zhu le Shangaïen, "l'héritier", qui n'hésite
pas à affronter ses ennemis ou à forger de nouvelles
alliances
comme on le découvrira plus tard avec des
dirigeants politiques et économiques du monde entier.
Zhu a-t-il
pour intention de combattre clairement les
intentions exprimées et scellées par Washington lors du
Sommet
de l'Apec de Seattle en 1993 afin de redessiner
la carte géopolitique de l'Asie ? Si les mains ne lui
sont
pas liées, un vrai bouleversement des alliances
verra le jour dans la région. Comment ? On se demande
par
exemple quelle future image de l'Asie sommeille dans
l'esprit des dirigeants de ce Continent? Quelles
ripostes,
au-delà de l'horizon 2000, permettraient
d'assurer la présence de quelques nations majeures du
continent
Asiatique au rang de "puissances
internationales" dans un monde plus proche mais élargi ?
Il sera utile
pour cela de revenir sur les secrets de
l'histoire de ces 50 dernieres années, et tout
particulierement
sur l'histoire de la conquête coloniale
et contemporaine de l'Asie par le Japon, et sur la
transformation
économique et politique du Japon et sur
l'avenir du continent Est Asiatique.
Ce
sera dans le blog Asian Gazette :
http://asiangazette.blogspot.com/
CHARTE de TRANSPARENCE " de "ASIANGAZETTE" :
Cette
lettre d'information, née en 1997 à Londres des
conseils de chercheurs de la SOAS et de la British
Library,
est à but non lucratif. Elle est animée par le
journaliste et "Foreign Correspondent" français Joël J.
Legendre-Koizumi
avec le concours de quelques
spécialistes de l'Extrême-Orient. "Asiangazette" avec
Joel Legendre observe
les multiples facettes de
l'actualité et de l'histoire de l'Asie. Elle est
recommandée en Juin 1998 par
des observateurs de l'Asie
et par des revues dont l'hebdomadaire d'information sur
le Net "LMB" de la
DSI du CNRS" au titre de " Actualité
asiatique complète et en français ". "Asiangazette" est
également
présente sur des bases de données telles le
site de l'université américaine "SWARTHMORE College of
Liberal
Arts" de Pennsylvanie, ainsi que sur de célèbres
sites sur Internet tel "EURASIE" et diverses
cybernewsletters
consacrées à la Francophonie,
l'information et l'Asie. "Asiangazette" constitue un
carrefour, un point
de repère et une interface pour
faciliter la compréhension des événements historiques,
et actuels qui
interviennent sur l'ensemble du continent
Euro -Asiatique. "Asiangazette" est progressivement
enrichie
par des données d'informations accompagnant
l'actualité, par des reportages et par la présentation
de
documents exclusifs. Les chapitres se succédent dans
cette Newsletter et permettent la présentation,
l'interprétation
de l'actualité et la synthèse de livres
et de témoignages par des sources et des citations qui
émanent
des acteurs de l'actualité, des analyses et des
revues produites par des spécialistes de l'Asie et de
l'Europe:
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scientifiques, militaires, financiers et politiques
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